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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 22:16

Rachid boudjedra a l’honneur

           Au café littéraire de chlef

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Le 13 Février 2012, durant toute une matinée, l’Université Hassiba Benbouali – Département des langues à Ouled Farès fut le théâtre d’une conférence donnée par le célèbre écrivain Rachid Boudjedra dans l’amphithéâtre B de la faculté des langues. Une affluence extraordinaire fut enregistrée tant par les étudiants que par les professeurs et quelques invités du Café Littéraire de Chlef.  

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Ce fut Monsieur Benseddik, Recteur de l’université Hassiba Benbouali de Chlef de prendre la parole pour souhaiter la bienvenue à Monsieur Rachid Boudjedra. Il n’omettra pas de vanter les mérites de l’écrivain en l’adulant du titre d’épine dorsale de la littérature algérienne et maghrébine. Il remercia la doyenne de la faculté des lettres, Mme Aït Saada, pour avoir eu la prestance d’inviter une telle figure de la littérature algérienne moderne. La parole fut ensuite donnée à l’invité d’honneur, Mr Rachid Boudjedra, qui remercia l’assistance d’avoir bien voulu le recevoir au sein de cet agora culturel qu’est l’université et ne manquera pas de se présenter et de présenter la plupart de ses œuvres. Mr Rachid Boudjedra, dans son amabilité et sa simplicité exemplaire, écouta avec attention toutes les questions posées par les étudiants et les professeurs et y répondit avec sérieux et doigté dignes du grand écrivain qu’il est.

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Après des débats fructueux, une vente-dédicace fut organisée par l’auteur prolifique Rachid Boudjedra, pour ses différentes nouvelles œuvres où il s’est attelé à discuter avec tous les étudiants et professeurs qui se sont empressés d’obtenir ne serait-ce qu’une de ses œuvres pour la pérennité de l’auteur dans les bibliothèques individuelles.

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Monsieur Rachid Boudjedra fut convié, le lendemain, pour une conférence au niveau du Café Littéraire de la bibliothèque de Wilaya à Chlef, dirigée par l’écrivain Mohamed Boudia, assisté de Messieurs Medjdoub Ali, Guerine Aek, Bouchakor Izdihar, Ait Djida Mohand Amokrane, Monsieur Kassoul Mohamed, Mme Aït Saada et Kiouar Baroudi. Pour la matinée du 14 Février 2012, une réception était prévue par Monsieur Djemaa Mahmoud, Wali de Chlef, au salon d’honneur de la wilaya, où une collation fut offerte en l’honneur de Monsieur Rachid Boudjedra qui était accompagné de Maître Bekkat Nadir, de Monsieur Amar Benrebiha, Directeur de la Culture à Chlef et des écrivains les plus actifs tels, M. Mohamed Boudia, Guerine Abdelkader, Medjdoub Ali, Nekkaf Aïssa, Bouchakor Izdihar ainsi que de M. Dahmani Djilali et de Mme Aït Saada Doyenne de la faculté des lettres à Ouled Farès – Université Hassiba Benbouali.

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 Monsieur Moumna, Président de l’A.P.W. a tenu à honorer par sa présence cette rencontre qui était plus que conviviale.

Monsieur le Wali fut mis au courant des activités du Café Littéraire par Mohamed Boudia et Medjdoub Ali. Les romans de Mr Guerine Abdelkader et de Melle Bouchakor ont été dédicacés au profit de Monsieur le Wali, par leurs auteurs.

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Monsieur Mahmoud Djemaa a tenu à offrir un présent à Monsieur Rachid Boudjedra, écrivain de portée maghrébine et mondiale,  un burnous blanc comme neige dénotant la simplicité, la paix et la sincérité de cette réunion combien fraternelle.

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Monsieur Djemaa Mahmoud en compagnie de Monsieur Mohamed Boudia à gauche et Monsieur Nekkaf Aïssa, à droite sur la photo, après leur entrevue avec le premier responsable de la Wilaya lors de la réception de l’écrivain Rachid Boudjedra

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Nous remarquons sur la photo (de gauche à droite) Mr Nakkaf Aïssa, poète et écrivain – Mr Guerine Abdelkader, poète et écrivain d’expression française – Mr Rachid Boudjedra, écrivain - Melle Bouchakor Izdihar, écrivaine

  014(De gauche à droite) Melle Bouchakor Izdihar, écrivaine – Monsieur Mohamed Boudia, écrivain et journaliste indépendant – Maître Nadir Bekkat, avocat, ami de M. Rachid Boudjedra – Monsieur Rachid Boudjedra,  écrivain (invité) – Mme Aït Saada, Doyenne de la faculté des langues étrangères – Monsieur Guerine Abdelkader, écrivain et poète – Monsieur Medjdoub Ali, Chirurgien-dentiste, écrivain et poète d’expression française – Monsieur Dahmani Djilali, chef de service à la Direction de la Culture de Chlef.

La délégation des écrivains que devait recevoir Monsieur Mahmoud   Djemaa, avec l’écrivain Rachid Boudjedra, dans le bureau de Monsieur Benrebiha Amar, Directeur de la Culture de Chlef.

  039Après le déjeuner, Monsieur Rachid Boudjedra, étant l’invité de marque du Café Littéraire, fut reçu à la bibliothèque de Wilaya par Monsieur Benrebiha Amar et par Monsieur Mohamed Boudia, président du café littéraire. Monsieur Ahmed Chérifi, président de l’association Archéologie de Chlef, présenta les différentes planches exposées concernant les différents sites archéologiques de la région de Chlef

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Une affluence nombreuse fut constatée au niveau du café littéraire de la bibliothèque de wilaya de Chlef. La salle était comble et composée d’hommes de lettres, de médecins, de journalistes, d’étudiants des différentes facultés de la ville et de la région. Un public connaisseur, ami des belles lettres a fait tôt remplir la salle de conférences de la bibliothèque. Les questions posées à l’écrivain Rachid Boudjedra furent plus pertinentes les unes que les autres, surtout celles posées par Monsieur Ghris Mohamed, écrivain et journaliste ainsi que par Mr Mansour Mokhtari, poète d’expression arabe, pour lesquelles l’auteur Rachid Boudjedra s’est fait un devoir d’y répondre avec courtoisie et déférence. Au nom des écrivains actifs du Café Littéraire et des conférenciers de ce dernier, un présent fut remis à notre invité par le Directeur de la Culture et Messieurs le Dr Hadjem Mohamed et Mr Slimani.

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Une vente-dédicace a eu lieu par la suite et l’auteur Rachid Boudjedra se faisait un plaisir de dédicacer ses œuvres aux postulants. Une collation fut offerte à tous les participants à cette après-midi littéraire.

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M. Boudia – Ecrivain et journaliste indépendant

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 14:07

LECTURES D'ASSIA DJEBBAR par Bouali Kouadri-Mostefaoui

Posté par boudia2007 le 13/6/2011 17:00:00 (3 lectures) news/newsbythisauthor.php?uid=1693">Articles du même auteur

 

Monsieur Bouali Kouadri-Mostefaoui, professeur universitaire en retraite, chercheur en matière de linguistique vient de faire paraître une étude d'analyse linéaire sur trois romans d'Assia Djebbar : L'amour, la fantasia - Ombre sultane - La femme sans sépulture - A lire

LECTURES DE ASSIA DJEBAR

L'amour, la fantasia, Ombre sultane, La femme sans sépulture
Bouali Kouadri-Mostefaoui
Approches littéraires
LITTÉRATURE ETUDES LITTÉRAIRES, CRITIQUES MAGHREB, MONDE ARABE, MOYEN ORIENT Algérie

Trois romans de l'écrivaine Assia Djebar sont traités ici selon la méthode de l'analyse linéaire : L 'Amour, la fantasia, Ombre sultane, La femme sans sépulture. Les raisons du choix de ces romans résident dans l'importance de leurs thèmes majeurs: la colonisation, le féminisme.

ISBN : 978-2-296-54791-9 • juin 2011 • 260 pages

Prix éditeur : 24 € 22,80 € / 150 FF

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Après tant d'années de labeur ardu, voilà notre ami et collègue Monsieur Bouali Kouadri-Mostefaoui qui nous gratifie d'une étude littéraire sur les trois romans d'Assia Djebbar : L'amour, la fantasia - Ombre Sultane - La femme sans sépulture -. C'est une méthode d'analyse linéaire qu'a voulu embrasser l'auteur pour faire ressortir l'importance des thèmes cités dans ces trois romans et qui reflètent tant la colonisation et le féminisme dont fait état l'auteur dans ses trois romans et que Monsieur Kouadri-Mostefaoui a voulu mettre en avant dans son analyse pour mieux cerner la trame des romans écrits par Assia Djebbar et qui définissent son algérianité et son féminisme. Un grand bravo pour notre ami Bouali qui est un chercheur invétéré et qui, je l'espère nous gratifiera d'autres lectures en matière d'études linguistiques sur le parler maghribi. Bon courage ! Souhaitons-lui une bonne santé afin de terminer ses projets en cours.

Mohamed Boudia - Ecrivain et journaliste indépendant -

 

P.S. - D'après ce que m'a dit l'auteur, en l'occurrence, Monsieur Kouadri-Mostefaoui Bouali, c'est notre ami commun Abdelkader Beldjouhri, artiste-peintre, plasticien qui a dessiné la couverture du livre "Lectures d'Assia Djebbar". Un grand bravo Abdelkader ! Tu as toujours fait honneur à ton art. Nous te souhaitons pleine réussite et un regard de la part des autorités qui sont en devoir de te récompenser comme tu le mérites.

Mohamed Boudia - Ecrivain et journaliste indépendant

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 06:59



Culture : Censure et fait du prince

Par Ahmed Cheniki*
La réponse du ministère de la Culture à propos de la censure dont est victime le metteur en scène M. Ziani Cherif Ayad, qui n’est d’ailleurs pas le seul, est stupéfiante. On estime, au niveau du ministère de la Culture, que des «commissions» existeraient et auraient pour fonction de choisir tel ou tel projet. J’estime, accompagnant l’expérience théâtrale et culturelle algérienne depuis très longtemps, que les «commissions » (on n’en connaît pas les membres, ce qui est une première) dont il est question ne seraient que formelles et que tout se ferait ailleurs.
Il serait intéressant d’interroger ces «comités», leur composante et leur fonctionnement manquant sérieusement de transparence. Une lecture, par exemple, des livres traduits dans le cadre de «Alger, capitale de la culture arabe» donnerait une idée de la tragique situation dans laquelle se trouvent aujourd’hui l’activité culturelle et lesdites «commissions». Des livres, trop mal traduits, par des non traducteurs. Qui a choisi ces traducteurs ? Le conflit opposant M. Benguettaf et M. Ziani phagocyte toutes les relations normales entre l’établissement officiel du théâtre et ce metteur en scène qui a soutenu la production dramatique de Benguettaf de la deuxième partie de son parcours qui s’arrête en 1993, année de leur séparation, après une expérience enrichissante au TNA et dans la troupe El Qalaâ. Position trop subjective fondée sur des considérations personnelles ? Le ministère de la Culture qui s’est transformé en ministère des festivals, ignorant sa fonction initiale, s’est fourvoyé, malgré lui, dans des territoires glissants. En plus de cela, ayant exercé comme conseiller de deux théâtres européens et assurant, entre autres cours, un enseignement de théâtre comme professeur à l’université d’Annaba et comme professeur invité dans de nombreuses universités européennes, je ne peux que souscrire au fait qu’il existe des hommes de théâtre et de culture qui n’ont pas besoin, dans de nombreux cas, de commission. Et Ziani Cherif Ayad en fait partie chez nous. Qu’on m’explique les raisons de la sélection automatique ces dernières années des pièces de Mhamed Benguettaf depuis qu’il est à la tête de la direction du TNA et surtout du «festival national du théâtre professionnel ». Subitement, des directeurs de théâtre et les différents «festivals» (avec «commissions», tenez-vous bien, ces «festivals » rapportent gros à leurs organisateurs, dans des structures où l’activité ordinaire est déficitaire) découvrent un «grand» auteur dramatique. Cette année, quatre ou cinq de ses anciennes pièces sont programmées dans les théâtres dits régionaux et dans le cadre de «Tlemcen, capitale de la culture islamique ». La presse reste silencieuse. Complicité de certains titres ? Ne serait-il pas temps de s’interroger sérieusement sur la triste réalité du théâtre et de la production artistique et littéraire de ces dernières années, marquée par de profonds dysfonctionnements organiques et le jeu maléfique de la rente, au-delà du nombre de pièces produites souvent sans public (les registres comptables et la billetterie témoignent d’une absence presque totale de spectateurs, à l’exception de quelques très rares occasions)? L’essentiel, c’est de faire une sorte de comptabilité macabre d’activités organisées, même en l’absence de spectateurs. La question du public est centrale. N’est-il pas temps d’employer cet argent gaspillé à la récupération des pans entiers, en rade, de notre mémoire culturelle et à la relance d’une activité culturelle permanente, pouvant mener à la mise en œuvre de cette «culture élitaire pour tous» dont parlait Antoine Vitez. Le ministère qui devrait tout faire pour recouvrer le mot «culture» censurerait ouvertement les œuvres de l’esprit et quelques personnalités. Comme ce fut le cas de quelques livres. Il existerait, selon une rumeur insistante,
une liste noire de personnalités indésirables. Est-ce vrai ? Curieusement, les lieux où je donne des conférences, avec mon ami Amine Zaoui, voient leur directeur dégommé ou l’activité arrêtée. Simple interrogation ! Je n’accuse personne. L’exclusion et la censure sont les lieux privilégiés de la pauvreté, de la faiblesse, du terrorisme et d’une voix (e) totalitaire déniant à l’autre d’exprimer une parole différente. Les structures culturelles, dépendant du ministère, se refuseraient d’inviter certaines personnalités, pour faire plaisir en haut, alors qu’elles sont très cotées dans leur spécialité. Il n’existerait, dans ce cas, aucune commission ou quelque appel à communication, en principe, obligatoires. Toute voix discordante serait exclue. Les festivals sont les lieux privilégiés de la rente. Chacun se souvient des profonds désaccords entre la ministre de la Culture et deux anciens ministres Kamel Bouchama et Lamine Bechichi à propos de la présidence de l’événement «Algérie, capitale de la culture arabe». Les walis de Tlemcen et d’Oran semblent marquer, selon la presse, leur différence dans la gestion de deux événements. Ces festivals seraient sujets à suspicion et à interrogation. Doit-on inviter qui on veut sans justification ? Est-il normal d’organiser des colloques, avec l’argent public, sans appels à communication, privilégiant ainsi de possibles renvois d’ascenseur ? Est-il approprié d’organiser un concours international de théâtre («La révolution algérienne dans le théâtre arabe») sans se soucier de la vérification de l’originalité des travaux proposés ? Quand l’Égyptienne Samiha Ayoub est invitée à quatre reprises au «festival national du théâtre professionnel», avec l’argent public, sans qu’elle présente quoi que ce soit, cela devrait poser problème. Toute dépense de l’argent public devrait être justifiée. C’est la moindre des choses. Nous avons besoin d’un véritable projet culturel, non d’une suite de festi-bouffes qui n’apportent absolument rien au pays sur le plan symbolique, ni d’ailleurs matériel. Que reste-t-il, par exemple, de «L’année de l’Algérie en France », «Alger, capitale de la culture arabe» ou du Panaf qui ont consommé des centaines de millions d’euros ? Je parle de «bénéfices» symboliques, «immatériels» pour utiliser un mot impropre souvent employé par le ministère de la Culture. Notre mémoire va à vau-l’eau, sans que les pouvoirs publics s’en occupent sérieusement. Un débat national sur l’état de l’activité culturelle en Algérie. Sans complaisance, ni exclusion s’impose. Au moment où les choses bougent partout, le ministère de la Culture devrait s’ouvrir à plus de démocratie, répudiant toute censure et toute exclusion.
A. C.
* Professeur. Membre de l’équipe de rédaction de la grande encyclopédie du théâtre (Bordas). Auteur de plusieurs livres sur le théâtre et la culture en Algérie.



Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/03/19/article.php?sid=114443&cid=16

 

Commentaire par Mohamed Boudia - Ecrivain et journaliste indépendant -

 

La censure est devenue le fétiche de tous les administrateurs au niveau de l'Etat. En effet, les écrivains et tous les artistes ont été quelque peu oubliés durant l'année de la culture arabe et même pour l'année de la culture islamique à Tlemcen. Il serait fastidieux de faire remarquer aux tenants de la culture toutes les dérives concernant la gestion des fonds publics. Les écrivains ont été marginalisés et les mille publications offertes par une décision de la Présidence de la République n'ont servi qu'à une certaine caste au niveau d'Alger ou autre lieu de villégiature de pseudos écrivains rivés au système qui n'en finit pas de dilapider l'argent du contribuable sans compensation aucune. Il serait vain de reposer le problème de l'édition en Algérie car les publications en question ont profité et profitent encore à des instroduits. En parlant de commission, le même "topo" est avancé pour les échanges culturels inter-wilayas où c'est toujours la même liste qui bénéficie de ces sorties culturelles inter-wilayas. Pour les comités de lecture pour les oeuvres littéraires, personne n'est dupe, on est choisi suivant qu'on connaisse "X" ou "Y" et non point parce qu'on est le meilleur dans son style d'écriture ou autre. Il faut reconnaître que tout est cloisonné au niveau du Ministère de la Culture qui censure qui il veut dans le sens "qui n'est pas avec moi est contre moi". Il faut recenser tous les écrivains par wilaya et leur attribuer un quota de publication afin que les deniers publics soient équitablement utilisés pour asseoir une culture en déperdition et asseoir une certaine habitude culturelle au niveau de toutes les wilayas et donner un coup de pied dans la fourmillière et ainsi éviter la mortification de la culture dans notre pays. C'est une vérité que ne semble pas saisir le commun des mortels et c'est pour cela que nos écrivains, nos hommes de théâtre, nos artistes sont marginalisés et remis au placard en attendant une éclaircie qui viendrait peut-être avec une certaine démocratie tant, tant et tant attendue......

      Mohamed Boudia - Ecrivain et journaliste indépendant

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 22:09

Accueil du site > Culture > Interviews > Rachid FERAOUN : « La Cité des Roses est le seul roman inédit qu’a laissé mon (...)

En sa qualité de fils et, désormais, éditeur de son père : Mouloud FERAOUN

Rachid FERAOUN : « La Cité des Roses est le seul roman inédit qu’a laissé mon père »

mardi 6 mars 2007, par D. B.

Mouloud FERAOUN (Dda Lmulud N At Caban) est né le 8 mars 1913 à Tizi Hibel (At Mahmoud, Tizi Ouzou, Kabylie) et sera assassiné, par l’Organisation de l’Armée Secrète (O.A.S.), le 15 mars 1962 en compagnie de six de ses collègues des Centres Sociaux.

Il laissa derrière lui plusieurs oeuvres éditées : « Le Fils du Pauvre » (1949), « La Terre et le Sang » (1953), « Jours de Kabylie » (1954), « Les Chemins qui Montent » (1957), « Les Poèmes de Si Mohand » (1960), « Le journal 1955-1962 » (1962).

Mais aussi, et nous venons de le découvrir, une autre œuvre achevée et restée dans les tiroirs, jusqu’au jour où, son fils Rachid décide de l’en sortir. Sortie il y a quelques jours, elle est intitulée, à titre posthume : « La Cité des Roses » alors qu’elle devait s’intituler « L’anniversaire ».

Kabyle.com revient pour vous, dans cet entretien, sur cette nouvelle publication avec Rachid FERAOUN, fils cadet de Mouloud FERAOUN qui se retrouve, désormais, comme étant son éditeur.

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Rachid FERAOUN

Kabyle.com : Pour commencer, pouvons-nous savoir qui est Rachid FERAOUN ?

Rachid FERAOUN : Mon père a eu sept enfants, quatre filles et trois garçons : Ali, Mokrane, et moi, je suis le plus jeune des trois.

Kabyle.com : Vous venez d’éditer un roman posthume de notre grand écrivain Mouloud FERAOUN, qui n’est autre que votre père, parlez-en nous ?

Rachid FERAOUN : Quand il a écrit ce roman, mon père rédigeait, en même temps et depuis 1955, « Le Journal », où, par souci d’exactitude, il devait s’interdire toute subjectivité. Il s’est autorisé ce roman pour pouvoir, enfin dire, ses sentiments ou plutôt ses ressentiments par rapport aux faits qu’il avait jusque-là objectivement relatés dans « Le Journal ».

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« La Cité des Roses » de M. FERAOUN

Kabyle.com : Celui-ci est intitulé : « La Cité des Roses », est-ce le titre voulu par l’auteur ou un autre ?

Rachid FERAOUN : Non, ce n’est pas le titre original, l’auteur avait donné pour titre à ce roman « L’anniversaire ».

Kabyle.com : Pourquoi avez-vous accepté que ces deux titres soient interchangés, il aurait été plus judicieux de rétablir la vérité non ?

Rachid FERAOUN : Les titres n’ont pas été intervertis. « La Cité des Roses » devait avoir pour titre « L’anniversaire ». Ce titre ayant déjà été utilisé, en 1972, pour un recueil réunissant quatre chapitres d’un roman qu’il était entrain d’écrire et à qui il n’avait pas encore donné de titre, des souvenirs, des publications et la suite du « Fils du pauvre ». Il a bien fallu alors donner un autre titre à cet ouvrage. Celui de sa première partie semblait tout indiqué.

Kabyle.com : Cette même œuvre avait été proposée, par l’auteur lui-même, à son éditeur de l’époque, expliquez-nous les raisons qui ont fait qu’elle ne soit pas éditée ?

Rachid FERAOUN : Il était difficile, en 1958, pour les Français de comprendre ce qui se passait en Algérie. Les manifestations du 13 mai 1958 qui ont permis aux gaullistes de prendre le pouvoir ont été considérées comme une victoire des pieds-noirs. Pour eux et pour beaucoup de Français en métropole, l’Algérie resterait Française.

Un roman traitant d’un divorce des communautés, de la fin d’une « aventure » entre la France et l’Algérie, ne pouvait être d’à-propos. Soucieux des attentes de son lectorat son éditeur lui a suggéré d’en faire plutôt une grande histoire d’amour, « dans le style du film : « Brève rencontre », « une princesse de Clèves » kabyle dans une situation que n’avait pas prévu Mme de Lafayette », lui écrit son éditeur.

Kabyle.com : Pourquoi, de votre côté, avez-vous attendu tout ce temps pour entamer enfin cette édition ?

Rachid FERAOUN : Après la mort de mon père les éditions du « Seuil » ont continué à éditer ses ouvrages. D’abord, « Le Journal » en 1962, puis une réédition de « Jours de Kabylie », édité tout d’abord par « Baconnier », suivi de « Lettres à ses amis » en 1969.

Quand, en 1972, elles éditèrent un livre qu’elles intitulèrent : « L’anniversaire » c’était, pour nous, un peu comme si elles avaient passé au pilori ce roman. Il faut aussi se rappeler qu’à l’époque, dans les universités algériennes, des « professeurs », certainement beaucoup moins nationalistes que lui, « enseignaient », aux étudiants en Lettres, qu’il avait produit une littérature « assimilationniste » et « pro coloniale » ou s’en prenait à son écriture qu’ils jugeaient trop scolaire. Dans ce climat, éditer ce livre aurait été perçu comme une justification. Nous avons préféré alors éviter toute polémique. Il faut dire qu’il n’y avait aucune voix, à l’époque, pour rappeler qu’il avait subi la censure et qu’il avait été persécuté que ce soit en Kabylie ou à Alger. Il a fallu attendre les années 1990 pour que des lectures plus objectives soient enfin faites de ses œuvres.

Si, aujourd’hui, nous avons enfin décidé de faire paraître ce roman, c’est d’une part parce qu’il est plus facile, pour le public algérien, qui a subi bien des malheurs ces dernières décennies, de mieux le comprendre, d’autre par parce qu’il est un témoignage qui peut aider les plus jeunes d’entre nous à estimer le prix qu’il a fallu payer pour bénéficier de ce qu’on se complait ailleurs à appeler « les bienfaits de la colonisation », et, enfin, pour qu’il prenne naturellement sa place auprès des autres romans qu’il a écrits afin que son œuvre soit aussi complète que possible.

Kabyle.com : Est-ce le dernier manuscrit existant de Mouloud FERAOUN où existe-t-il d’autres ?

Rachid FERAOUN : C’est le dernier et le seul roman inédit qu’a laissé mon père. Il y a bien un cahier journal, celui qu’il a écrit juste avant sa mort qui, alors que tous les autres cahiers avaient été scrupuleusement transcrit, n’a pas été complètement édité dans « Le Journal ».

Kabyle.com : Quand pensez-vous l’éditer et parler en nous ?

Rachid FERAOUN : Je souhaiterais rééditer « Le Journal » pour y inclure le dernier cahier dans son intégralité afin que l’œuvre de Mouloud FERAOUN soit aussi fidèle que complète.

Kabyle.com : Le roman a été édité par « YamCom », une maison d’édition que vous avez fondée, pensez-vous que les existantes n’auraient pas transmis le message ?

Rachid FERAOUN : Elles auraient certainement pu le faire, mais je tenais à vivre l’édition de ce roman, depuis la frappe jusqu’à la mise en page et la conception de la couverture, quand à la correction je l’ai confié à mes sœurs.

Kabyle.com : Allez-vous travailler, dans ce sillage, à la récupération des droits sur toutes les œuvres de votre père pour, ainsi, les rééditer librement ?

Rachid FERAOUN : Avant d’envisager la réédition de ses œuvres, je pense commencer déjà par mettre un peu d’ordre dans la reproduction des romans qui sont édités sans aucune autorisation par des maisons d’édition peu scrupuleuses.

Kabyle.com : Certaines œuvres ont fait l’objet de reproductions médiocres, une maison d’édition locale commercialise une version du « Fils du pauvre » pleine d’erreurs d’orthographe, que pensez-vous de cela ?

Rachid FERAOUN : Sachez que toutes les œuvres éditées, en Algérie, sont toutes des éditions pirates.

Kabyle.com : Quelques jours nous séparent de la commémoration du 45ème anniversaire de l’assassinat de Mouloud FERAOUN, qu’est-il prévu cette année ?

Rachid FERAOUN : Il y a déjà la parution de ce roman. Différentes autres manifestations sont prévue, que ça soit à Alger comme, entre autres, la rencontre littéraire qui a été organisée par la Bibliothèque Nationale d’Algérie le 4 mars dernier.

À Tizi Ouzou, un colloque est prévu pour la deuxième semaine de mars, il sera également précédé par l’organisation d’une semaine de présentation de cet ouvrage par la librairie Chikh du 2 au 8 mars 2007.

Entretien réalisé pour Kabyle.com par : Djamel BEGGAZ

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