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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 08:20

Nourrédine Ait Hamouda répond à la 4ème Internationale



Actualités : Polémique
Nordine Aït Hamouda répond à la 4e Internationale


Avant toute chose, je m’excuse auprès des Algériens auxquels sont imposées ces polémiques au moment où toutes les énergies devraient se développer contre le régime en place. Mais j’estime, en mon âme et conscience, que l’imposture morale et politique est l’une des composantes du système. Il faut donc se battre sur tous les fronts. J'espère, une fois encore, que mon présent article parviendra à la 4e Internationale lambertiste par le même «camarade français» qui l'aura lu, «par accident», sur le site du Soir d'Algérie. Amen et que vive le canal historique. Pour le reste, je ne m'attarderai pas sur les généralités de votre écrit et de celui de vos représentants en Algérie.
Je vous ferai remarquer d'emblée que faire signer votre droit de réponse, qui nie l'appartenance du PT d’Algérie à la 4e Internationale lambertiste, par M. François de Massot démontre l’urgence pour vous à revisiter vos écrits et vos positions. En effet, nier l’appartenance du PT d’Algérie à la 4e Internationale relève d’un canular qui a surpris même les habitués des slogans gauchistes. L'historien Jacques Simon, actuel directeur du Centre de recherche et d'études sur l'Algérie contemporaine (Creac), un des militants de la Commission algérienne de l’OCI (Organisation communiste internationaliste) alors chargée par Pierre Lambert du travail algérien – et qui s’est éloigné de vous depuis – écrit : «Les cellules algériennes, semblables à celles du PCI (Parti communiste internationaliste, section française de la 4e Internationale lambertiste, NDA), se réunissent chaque samedi, avec un ordre du jour et un procès- verbal, un rapport sur la situation politique suivis d'une discussion, un contrôle des tâches (réunions, contacts, interventions), et des objectifs pour la semaine. Chaque dimanche, Aktouf (Jacques Simon, l'auteur du livre NDA) et Bachir (Métiche Saïd, NDA) faisaient le point avec François de Massot, chargé par l'OCI (ex-PCI) de suivre le travail algérien. »(1) Plus loin, il précise : «Après son affiliation au Comité pour la reconstruction de la Quatrième Internationale (CORQI), le CLTA devient à son congrès de l'été 1980, l'Organisation socialiste des travailleurs (OST) puis le Parti des travailleurs, actuellement dirigé par Louisa Hanoune.»(2) On ne peut être plus clair : cet écrit public n’a été contesté ni par vous ni par Madame Hanoune. Cela étant dit, mon propos n'est pas de dénier à la direction du PT d’Algérie le droit d'être affiliée à la 4e Internationale lambertiste. Des partis algériens ou autres se revendiquent de l'appartenance à la 2e Internationale (Internationale socialiste) dans la transparence et personne n'a rien à redire. L’essentiel étant de ne pas avancer masqué devant ses compatriotes. Pour tout le reste, vous n'apportez que des arguments qui alimentent le contenu de mes écrits à propos de votre histoire, de votre fonction et sur le fait que votre relais algérien se réclame frauduleusement de la défense des intérêts des travailleurs.
1- Vous passez sous silence la défense de la marocanité du Sahara revendiquée par Louisa Hanoune et appuyée par la 4e Internationale lambertiste qui écrit dans la Vérité «avant son départ, l’armée espagnole avait tenté de constituer un Etat croupion dans cette région et a cédé son armement au Polisario avec l’implication directe de la sécurité militaire algérienne.»(3)
2- Sur la guerre que la 4e Internationale lambertiste a menée contre le FLN, vous ne faites que confirmer votre soutien au MNA. Je remarque d’ailleurs que dans votre réponse, le «sigle» FLN n'apparaît même pas et que toutes vos références au soutien au mouvement national algérien sont antérieures à 1953, période pendant laquelle votre organisation n’existait pas. Enfin, quand vous en appelez à Ben Bella pour témoigner en votre faveur, lui-même ne sait peut-être pas que vous écriviez à son propos qu'il «exprimait des intérêts étrangers au peuple algérien, les intérêts du gouvernement de Nasser»(5). Si le MNA avait triomphé, il lui aurait été certainement reproché «une haute trahison». Il ne serait pas le seul puisque selon vous les thèses des centralistes caractérisent parfaitement l'opportunisme et la volonté de collaboration de ces «déracinés»(5). Etrange diatribe pour une organisation qui ne s’ingère jamais dans les luttes des peuples ! Il est intéressant de lire à ce sujet des militants lambertistes en rupture de ban avec votre organisation qui écrivent : «L’orientation donnée par Pierre Lambert au travail algérien dès les années 1950, en déléguant les tâches du parti ouvrier trotskyste à construire à un parti petit-bourgeois nationaliste, le MNA de Messali Hadj… au-delà des dénégations et de l’autocritique officielle faite par Lambert dans les années 1960, le PT algérien assure dans les faits la continuité du MNA — mais en bien pire.»(6) Sans commentaire ! 3 Sur la convergence objective avec le Front national, vous ne démentez rien à propos d’Alexandre Hubert. Ni sa proximité avec la famille Le Pen et avec les thèses souverainistes de son parti ni sur le fait qu’il siégeait au même moment au comité central du PT de France. Vous savez que ces deux faits sont publics. Enfin, après tant de contre-vérités et de mensonges par omission, fidèle à la marque de fabrique des organisations d'extrême gauche ou d'extrême droite où les raccourcis populistes sont la règle pour asséner des «vérités» immuables, vous instrumentalisez les dossiers des travailleurs algériens en France, de la colonisation, de l’islamisme, des clandestins algériens et de l’ingérence étrangère dans les affaires des pays du Maghreb pour régler des comptes avec le pouvoir français. En tout cas à lire l'hebdomadaire Informations Ouvrières, organe du PT de France qui vient encore une fois de changer de sigle pour devenir le Parti ouvrier internationaliste (POI), en Algérie tout va bien et le gouvernement a pris les mesures qui vont dans le sens des intérêts de la nation, ce que ne manque pas de répercuter en live et en boucle votre représentante algérienne à la télévision de Bouteflika. Le volume horaire de Louisa Hanoune dans les médias publics vient d’ailleurs d’être multiplié pour contrer les forces qui exigent le changement démocratique ; forces réprimées par les services de sécurité et dénoncées par votre déléguée d’Algérie comme «manipulées par la main de l’étranger». Tout cela devant être traduit par l'augmentation des quotas de vos structures algériennes dans les prochains scrutins. Et vive la révolution prolétarienne ! Dans la foulée, vous voudriez bien transmettre à la direction de votre section algérienne, particulièrement affolée ces derniers temps, ce qui suit:
1- Elle ne répond à aucun moment sur l'accumulation du patrimoine dont madame Hanoune s'est accaparé.
2- Ses tuteurs algériens devraient la briffer plus souvent. Le représentant tunisien à l'université d'été de notre parti n'était pas le Premier ministre, jamais invité, mais un journaliste marginalisé par Ben Ali.
3- Notre parti n'a pas eu de relations avec le RCD tunisien depuis plus de 10 ans mais c'est bien connu, le gauchiste ne débat pas, il invective pour éviter d'avoir à répondre de ses méfaits. Il vous revient maintenant de régler ce problème d'ingratitude puisque Madame Hanoune, en dépit des écrits ci-dessus, continue à vous renier.
Nordine Aït Hamouda, député du RCD, vice-président de l'APN
1- Le comité de liaison des trotskystes algériens, Jacques Simon, Creac- Histoire, avril 2008, page 8.
2- Idem,
3- La Vérité n°30 nouvelle série (n°636)-mai 2002 ; page 15
4- Conférence internationale sur la révolution algérienne, La Vérité, Page2, Avril 1958
5- Idem page 13
6- Numéro 4 de la revue Cri des travailleurs éditée par le Groupe communiste révolutionnaire internationaliste (CRI) fondée en 2002 par d’anciens militants issus du Courant communiste internationaliste du Parti des travailleurs de France.





Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/03/17/article.php?sid=114409&cid=2

 

Commentaire :

Bien documenté, Nourrédine ! Continuez ! Vous faites le régal de tous les algériens épris de liberté et jaloux de leur patrie. Vous êtes le seul, peut-être, en droit de demander des comptes à tous les parvenus et les brosseurs du système (régime en place). Il serait vain de toujours leur rabacher les mêmes remarques sur leur appartenance à tel ou tel autre courant extérieur qu'ils nieraient en bloc cette appartenance et cette soumission à l'étranger qui ne fait que mettre des bâtons dans les roues de l'aspiration à la liberté des peuples et à leur promotion sociale et économique dans un monde devenu sourd à leurs revendications. Pour plus de liberté d'expression et de bien-être, je vous soutiens dans la majorité de vos déclarations et de vos interventions au niveau de l'APN. Soyez-en sûr, vous faîtes l'union de tous les algériens épris de justice, de paix et de liberté.....

 

     Mohamed Boudia - Ecrivain et journaliste indépendant

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 08:20

Nourrédine Ait Hamouda répond à la 4ème Internationale



Actualités : Polémique
Nordine Aït Hamouda répond à la 4e Internationale


Avant toute chose, je m’excuse auprès des Algériens auxquels sont imposées ces polémiques au moment où toutes les énergies devraient se développer contre le régime en place. Mais j’estime, en mon âme et conscience, que l’imposture morale et politique est l’une des composantes du système. Il faut donc se battre sur tous les fronts. J'espère, une fois encore, que mon présent article parviendra à la 4e Internationale lambertiste par le même «camarade français» qui l'aura lu, «par accident», sur le site du Soir d'Algérie. Amen et que vive le canal historique. Pour le reste, je ne m'attarderai pas sur les généralités de votre écrit et de celui de vos représentants en Algérie.
Je vous ferai remarquer d'emblée que faire signer votre droit de réponse, qui nie l'appartenance du PT d’Algérie à la 4e Internationale lambertiste, par M. François de Massot démontre l’urgence pour vous à revisiter vos écrits et vos positions. En effet, nier l’appartenance du PT d’Algérie à la 4e Internationale relève d’un canular qui a surpris même les habitués des slogans gauchistes. L'historien Jacques Simon, actuel directeur du Centre de recherche et d'études sur l'Algérie contemporaine (Creac), un des militants de la Commission algérienne de l’OCI (Organisation communiste internationaliste) alors chargée par Pierre Lambert du travail algérien – et qui s’est éloigné de vous depuis – écrit : «Les cellules algériennes, semblables à celles du PCI (Parti communiste internationaliste, section française de la 4e Internationale lambertiste, NDA), se réunissent chaque samedi, avec un ordre du jour et un procès- verbal, un rapport sur la situation politique suivis d'une discussion, un contrôle des tâches (réunions, contacts, interventions), et des objectifs pour la semaine. Chaque dimanche, Aktouf (Jacques Simon, l'auteur du livre NDA) et Bachir (Métiche Saïd, NDA) faisaient le point avec François de Massot, chargé par l'OCI (ex-PCI) de suivre le travail algérien. »(1) Plus loin, il précise : «Après son affiliation au Comité pour la reconstruction de la Quatrième Internationale (CORQI), le CLTA devient à son congrès de l'été 1980, l'Organisation socialiste des travailleurs (OST) puis le Parti des travailleurs, actuellement dirigé par Louisa Hanoune.»(2) On ne peut être plus clair : cet écrit public n’a été contesté ni par vous ni par Madame Hanoune. Cela étant dit, mon propos n'est pas de dénier à la direction du PT d’Algérie le droit d'être affiliée à la 4e Internationale lambertiste. Des partis algériens ou autres se revendiquent de l'appartenance à la 2e Internationale (Internationale socialiste) dans la transparence et personne n'a rien à redire. L’essentiel étant de ne pas avancer masqué devant ses compatriotes. Pour tout le reste, vous n'apportez que des arguments qui alimentent le contenu de mes écrits à propos de votre histoire, de votre fonction et sur le fait que votre relais algérien se réclame frauduleusement de la défense des intérêts des travailleurs.
1- Vous passez sous silence la défense de la marocanité du Sahara revendiquée par Louisa Hanoune et appuyée par la 4e Internationale lambertiste qui écrit dans la Vérité «avant son départ, l’armée espagnole avait tenté de constituer un Etat croupion dans cette région et a cédé son armement au Polisario avec l’implication directe de la sécurité militaire algérienne.»(3)
2- Sur la guerre que la 4e Internationale lambertiste a menée contre le FLN, vous ne faites que confirmer votre soutien au MNA. Je remarque d’ailleurs que dans votre réponse, le «sigle» FLN n'apparaît même pas et que toutes vos références au soutien au mouvement national algérien sont antérieures à 1953, période pendant laquelle votre organisation n’existait pas. Enfin, quand vous en appelez à Ben Bella pour témoigner en votre faveur, lui-même ne sait peut-être pas que vous écriviez à son propos qu'il «exprimait des intérêts étrangers au peuple algérien, les intérêts du gouvernement de Nasser»(5). Si le MNA avait triomphé, il lui aurait été certainement reproché «une haute trahison». Il ne serait pas le seul puisque selon vous les thèses des centralistes caractérisent parfaitement l'opportunisme et la volonté de collaboration de ces «déracinés»(5). Etrange diatribe pour une organisation qui ne s’ingère jamais dans les luttes des peuples ! Il est intéressant de lire à ce sujet des militants lambertistes en rupture de ban avec votre organisation qui écrivent : «L’orientation donnée par Pierre Lambert au travail algérien dès les années 1950, en déléguant les tâches du parti ouvrier trotskyste à construire à un parti petit-bourgeois nationaliste, le MNA de Messali Hadj… au-delà des dénégations et de l’autocritique officielle faite par Lambert dans les années 1960, le PT algérien assure dans les faits la continuité du MNA — mais en bien pire.»(6) Sans commentaire ! 3 Sur la convergence objective avec le Front national, vous ne démentez rien à propos d’Alexandre Hubert. Ni sa proximité avec la famille Le Pen et avec les thèses souverainistes de son parti ni sur le fait qu’il siégeait au même moment au comité central du PT de France. Vous savez que ces deux faits sont publics. Enfin, après tant de contre-vérités et de mensonges par omission, fidèle à la marque de fabrique des organisations d'extrême gauche ou d'extrême droite où les raccourcis populistes sont la règle pour asséner des «vérités» immuables, vous instrumentalisez les dossiers des travailleurs algériens en France, de la colonisation, de l’islamisme, des clandestins algériens et de l’ingérence étrangère dans les affaires des pays du Maghreb pour régler des comptes avec le pouvoir français. En tout cas à lire l'hebdomadaire Informations Ouvrières, organe du PT de France qui vient encore une fois de changer de sigle pour devenir le Parti ouvrier internationaliste (POI), en Algérie tout va bien et le gouvernement a pris les mesures qui vont dans le sens des intérêts de la nation, ce que ne manque pas de répercuter en live et en boucle votre représentante algérienne à la télévision de Bouteflika. Le volume horaire de Louisa Hanoune dans les médias publics vient d’ailleurs d’être multiplié pour contrer les forces qui exigent le changement démocratique ; forces réprimées par les services de sécurité et dénoncées par votre déléguée d’Algérie comme «manipulées par la main de l’étranger». Tout cela devant être traduit par l'augmentation des quotas de vos structures algériennes dans les prochains scrutins. Et vive la révolution prolétarienne ! Dans la foulée, vous voudriez bien transmettre à la direction de votre section algérienne, particulièrement affolée ces derniers temps, ce qui suit:
1- Elle ne répond à aucun moment sur l'accumulation du patrimoine dont madame Hanoune s'est accaparé.
2- Ses tuteurs algériens devraient la briffer plus souvent. Le représentant tunisien à l'université d'été de notre parti n'était pas le Premier ministre, jamais invité, mais un journaliste marginalisé par Ben Ali.
3- Notre parti n'a pas eu de relations avec le RCD tunisien depuis plus de 10 ans mais c'est bien connu, le gauchiste ne débat pas, il invective pour éviter d'avoir à répondre de ses méfaits. Il vous revient maintenant de régler ce problème d'ingratitude puisque Madame Hanoune, en dépit des écrits ci-dessus, continue à vous renier.
Nordine Aït Hamouda, député du RCD, vice-président de l'APN
1- Le comité de liaison des trotskystes algériens, Jacques Simon, Creac- Histoire, avril 2008, page 8.
2- Idem,
3- La Vérité n°30 nouvelle série (n°636)-mai 2002 ; page 15
4- Conférence internationale sur la révolution algérienne, La Vérité, Page2, Avril 1958
5- Idem page 13
6- Numéro 4 de la revue Cri des travailleurs éditée par le Groupe communiste révolutionnaire internationaliste (CRI) fondée en 2002 par d’anciens militants issus du Courant communiste internationaliste du Parti des travailleurs de France.





Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/03/17/article.php?sid=114409&cid=2

 

Commentaire :

Bien documenté, Nourrédine ! Continuez ! Vous faites le régal de tous les algériens épris de liberté et jaloux de leur patrie. Vous êtes le seul, peut-être, en droit de demander des comptes à tous les parvenus et les brosseurs du système (régime en place). Il serait vain de toujours leur rabacher les mêmes remarques sur leur appartenance à tel ou tel autre courant extérieur qu'ils nieraient en bloc cette appartenance et cette soumission à l'étranger qui ne fait que mettre des bâtons dans les roues de l'aspiration à la liberté des peuples et à leur promotion sociale et économique dans un monde devenu sourd à leurs revendications. Pour plus de liberté d'expression et de bien-être, je vous soutiens dans la majorité de vos déclarations et de vos interventions au niveau de l'APN. Soyez-en sûr, vous faîtes l'union de tous les algériens épris de justice, de paix et de liberté.....

 

     Mohamed Boudia - Ecrivain et journaliste indépendant

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 08:08

LA BRÛLURE - Les Enfumades de la Dahra - Par Abdelkader Guerine

 

 

 

Abdelkader Guerine, très grand poète d'expression française, peu connu par les tenants de la culture, vient d'éditer à titre d'auteur chez une maison d'édition à Oran "Dar-El Adib" son huitième recueil romancé qui allie la poésie à la prose pour raconter une page oubliée de l'histoire d'une certaine contrée dans la wilaya de Chlef, dans la commune de Dahra, Daîra de Taougrite, où se sont passées des génocides de la part des colonels et généraux de l'armée française d'Afrique et qu'on nomme communément "Les enfumades du Dahra" à Ouled Riah.

 

Fervent adepte du "Café Littéraire" dirigée par Mohamed Boudia, écrivain et journaliste indépendant et membre actif de ce dernier, Monsieur Guerine Abdelkader nous a présenté son dernier-né dont le titre est "La Brûlure - Les enfumades de la Dahra" C'est un roman qui allie la poésie à la prose et en fait un roman pour raconter par le biais d'un "Goual" ou troubadour, allant de hameau en hameau, de souk en souk porter les bonnes et les mauvaises nouvelles. C'est le moyen de transmission orale de la vie socio-culturelle des habitants de l'Afrique du Nord et en particulier de l'Algérie. Ce troubadour, faisant parfois des rêves prémonitoires dépêche sa personne chez les Ouled Riah pour leur porter la mauvaise nouvelle représentée par l'invasion de leur pays et localité par la soldatesque française, un certain 5 juillet 1830. Ayant rassemblé autour de lui les Ouled Riah, il leur conte ses rêves et ses appréhensions concernant leur devenir et leur existence menacée par cette intrusion.

 

Laissons Monsieur Abdelkader Guerine nous dire et nous présenter son roman historique et poétique en même temps :

 

Dans la préface, l'auteur nous donne une idée du rôle du poète ou goual comme suit :

" Le poète savait que cette exaction inhumaine, comme beaucoup d'autres d'ailleurs, allait être dépassée et oubliée. Les Français n'avaient jamais installé de bureau d'administration à Ouled Riah, c'était une localité à laquelle ils n'avaient pas changé de nom, c'était un lieu qu'il fallait nier, une page de non histoire qu'il fallait déchirer........" (Dixit : Abdelkader Guerine)

" De l'histoire, des lettres et plein de poésie. Abdelkader Guérine, auteur de sept autres ouvrages (recueils de poésie) raconte dans ce livre le parcours d'un "goual" ou troubadour, un orateur qui passe de médersa en zaouïa et termine son éternelle errance dans les souks hebdomadaires de la région de la Dahra. Les nouvelles qu'il rapporte à la population des paysans ne sont pas toujours bonnes. C'est un véritable drame qu'il annonce pour cette fois, plus de mille âmes allaient être enfumées  dans les grottes situées dans ces hauteurs désolées et accidentées, après un combat féroce  contre un ennemi plus fort et lourdement armé, c'était le 18 Juin 1845.

l'auteur joint le dialogue poétique aux récits prosaïques pour raconter un drame tragique que l'histoire n'a jamais noté, avec des narrations fictives et des descriptions proches de l'atmosphère réelle, une image du climat socioculturel de la région  de Chlef à cette époque-là ".

 

Monsieur Abdelkader Guerine a bien inisisté sur le fait qu'il n'était pas un chercheur en histoire et encore moins un historien. Il a seulement voulu donner une certaine nuance poétique à son roman en introduisant un poète (Goual) ou (troubadour) pour agrémenter la trame de son roman qui se veut un témoignage poignant de cette page inoubliable de notre histoire.

 

Je vous donne ici, quelques passages du livre :

" Ce ne sont pas les vrais "spagnoul"

   Qui ont chassé le grand sultan

   Qui prit la mer pour Istanbul

   Cédant le bled à un satan

Répondit le poète avec un air inquiet, déssiné sur son visage rond aux yeux qui semblaient savants d'un malheur qui allait s'abattre sur tout le Tell ".

 

" Que veulent-ils chez nous ? Que vont-ils faire de nous ? se demandèrent bruyamment et nerveusement les uns et les autres..." 

" Ils veulent poser des lois roumi

   Auxquelles l'arabe est bien soumis,

   Ils sont en route et seront là

   Pour faire l'enfer de l'au-de-là

   Ils veulent la terre et le bétail

   Et toi l'esclave qui obéit,

   Les bêtes qu'ils veulent et la volaille

   Et toi, étranger dans ton pays."

 

En conclusion, l'auteur nous décrit la fin de ce macabre épisode qui a vu des centaines de personnes, tous sexes et âges confondus, mourir d'une fin atroce que leur réserva un futur général de France.

 

" Il prit son âne et continua son chemin, de zaouïa en souk, récitant dans son passage, l'injuste destin des tribus de la Dahra, espérant trouver l'oreille attentive qui puisse décorer les mots  de leurs raisons meilleures ...... "

" Nous étions mille et une personnes

  Avides de paix jusqu'à l'aumône,

  Coincées dedans les vieilles grottes,

  Cernées d'une force qui porte des bottes,

  Les passants fondent l'avenir sur un socle de paroles vaporeuses, la ville vieillit et laisse l'oubli gagner du territoire précieux, le droit vous parle :

" Peuple vainqueur et souverain,

  Pris dans la houle des vents marins,

  Salue les hommes qui ont donné

  Leurs vies pour que tu sois trôné,

  Peuple garant d'un fier podium

  Pris dans le piège d'un rêve d'opium

  Décompte les boules du chapelet

  Au nombre de morts qui t'appelaient

  Peuple fidèle aux justes causes

  Pris dans les mailles d'un filet rose,

  Déterre le livre de ton histoire

  Pour que l'étoile éclaire le noir,

  Les passants reculent vers le néant pour s'élancer dans un ciel fantôme,

  La ville tremble quand la voix des miraculés exulte des échos d'émoi, "

 

Le poète se recueille;

 

" Nous étions mille et un cadavres,

  Virés du temps d'une vie macabre,

  Brûlés vivants d'un feu banal

  A l'ordre bref du général. "

 

Dit le poète dans toutes ses "gaada" partout il était passé après."

                             (Dixit : Abdelkader Guerine)

 

En ultime conclusion, l'auteur nous informe de la page historique concernant les enfumades de la Dahra :

 

"Ghar El Frachiche", était le nom que la population donnait à cette grotte profonde, c'est là où le sinistre Pélissier avait accompli son crime odieux en enfumant plus de mille paysans dans le massif de la Dahra, hommes, femmes, enfants et vieilles personnes. Ce crime n'a jamais été ni jugé ni puni, il n'a été écrit dans aucun livre d'histoire."""

 

L'émotion était au comble dans la salle et les débats furent assez chauds et les membres du café littéraire se sont attelés à critiquer positivement l'oeuvre de leur collègue et ami Abdelkader Guerine.

 

Comme de coutume, Monsieur Boudia Mohamed, donna la parole aux poètes présents pour déclamer quelques-unes de leur poésie. C'est Mme Saï Aouda qui fut la première à entamer un poème "Chi'ir El malhoun" décrivant un individu opportuniste qui s'accapare la culture sans en être imprégné pour ses besoins matériels propres. Ce fut ensuite le tour de Monsieur Boutoubat Mohamed, poète engagé, de déclamer un de ses poèmes concernant la vague de démocratie et de soulèvement au sein des pays arabes pour clore son poème par une tirade en faveur de Ghaza et de la Palestine.

 

   Mohamed Boudia - Ecrivain et journaliste indépendant -



Article ajouté le 2011-03-15 , consulté 17 fois

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 08:01

                                  

                                                               L'INTROUVABLE

 

 

                             Mauvaises consciences
                                             par
                                 Mohammed Boudia

 

 

Homme de théâtre algérien, Mohammed Boudia (1932-1973) est connu pour avoir été une figure de la guerre d’indépendance (1954-1962). Il fut arrêté par les autorités coloniales et condamné à vingt ans d’emprisonnement pour avoir participé à des sabotages d’installations économiques en France même (1958). Mais il s’évada au bout de trois ans seulement et, l’indépendance acquise, reprit ses activités théâtrales, commencées à l’adolescence, et fonda à Alger une revue, Novembre, et un journal, Alger ce soir. Le coup d’état perpétré par Boumédienne en 1965 le contraint à l’exil, en France, où il administra le Théâtre de l’Ouest parisien. Parallèlement, il adhéra aux organisations secrètes palestiniennes et, au bout de quelques années, en devint un membre-clé pour l’Europe. Il sera assassiné par le Mossad qui bourra sa voiture d’explosif, en juin 1973, à Paris. Opposant au régime algérien, Mohammed Boudia a été ostracisé et ses écrits sont peu répandus. La nouvelle Mauvaises consciences, que nous proposons à nos lecteurs dans la rubrique “Introuvables”, a été publiée en octobre 1966, dans la revue marxiste La nouvelle critique et n’a pas fait l’objet de republication. Ce qui est, pour le moins, regrettable...
Il serait difficile, même à l'analyste le plus rigoureux, de situer avec précision le moment qui vit naître la chose, encore moins sa nature exacte. Les premiers bruits circulèrent à la faveur de la grande fête annuelle qui rassemblait sur la grande place presque tous les habitants de la ville.
Personne ne comprit très bien le mal qui s'installait comme un chancre, rongeait tout, atteignait les plus solides, les plus courageux, sapait le moral de la petite ville, bouleversant les habitudes les plus innocentes; la communauté découvrait que l'animal le plus facile à réveiller en l'homme c'est la peur. L'extraordinaire fut la rapidité avec laquelle elle enveloppa chacun, sans qu'on s'en expliquât l'origine. On échafauda bien sûr de nombreuses hypothèses, mais la plus vraisemblable ne fut admise que plustard.
Les gens, barricadés derrière ce qu'ils appelaient la forteresse solide des institutions, ne percevaient pas les failles ouvertes régulièrement par l'absence de contrôle et de réflexion de leur système de vie. Ceux qui étudièrent plus tard cette période et ses faiblesses notèrent surtout la douceur

 

L'ACTUALITE LITTERAIRE
2

 

ambiante de la ville qui émoussait toute vigilance, l'assurance qui émanait des autorités lorsqu'on les rencontrait déambulantes, souriantes dans les rues ou lors de toutes manifestations. Ils remarquèrent aussi l'innocence qu'avaient les plus humbles à se laisser guider par ce qu'ils croyaient être l'élite infaillible, laquelle entretenait en son sein des rapports si singuliers qu'ils ne pouvaient donner naissance qu'à une catastrophe. Bien sûr, on défendait les notions d'ordre, de paix, de bons échanges entre voisins, le tout
basé sur la crédulité générale. Mais en réalité l'élite orientait toutes les activités de la ville pour maintenir un ordre et une paix qui lui permettait de tirer les plus grands avantages.
Ainsi, au niveau de l'élite, des accouplements étranges et désordonnés, à travers et dans toute leur manière d'être, permirent à la bête invisible de s'installer. Ce monstre que tout le monde connaissait par les récits, qu'il croyait mythologiques, des anciens et qui, traversant de son pas lourd les siècles, n'avait pas fini de ruiner les hommes, se nourrissait de violence, de hurlements et de peur. Personne ne pouvait le voir (ni ne l'avait jamais vu).
Cependant, il était notoire, même pour les sceptiques, que son existence était prouvée et qu'il pouvait se manifester de différentes manières.
Pour la ville dont nous relatons l'aventure, il choisit de se faire annoncer par une catégorie de la population qu'on surnomma les démarcheurs. On ne leur trouva aucun autre qualificatif. Ils ne vendaient rien, ils ne réclamaient rien, du moins à cette étape, mais faisaient comprendre par de nombreux moyens les exigences de leur maître. Il était très difficile de s'opposer à lui et tout le monde convint que la ville, n'ayant aucun intérêt à provoquer sa
colère, se devait de le nourrir. On lui offrit donc la peur générale comme aliment.
Les démarcheurs et l'élite s'empressèrent par des déclarations qu'ils voulaient rassurantes d'actionner ce levier anesthésiant qu'est l'appel à l'ordre et au sang froid. La ville apeurée, au bord de la panique, surtout soucieuse de survivre pour multiplier ses échanges et son commerce, ne demandait qu'à être convaincue. Au nom de la cohabitation et des valeurs qui l nourrissaient spirituellement, elle s'engagea dans une collaboration, dont elle ne voyait pas encore le prix, avec les nouveaux maîtres.
Dans les premiers jours, en apparence et pour l'opinion, cette position sembla la plus raisonnable, et l'on ne pensa plus aux incidents préliminaires que comme des éléments d'animation supplémentaires à la fête annuelle. Des plaisantins affirmèrent même que la fête continuait. Mais petit à petit, sournoisement, les germes de la grande maladie se faisaient propager dans tous les secteurs par les démarcheurs. Les exigences du monstre se définirent mieux en même temps que s'atténuait toute résistance. Les symptômes n'apparurent pas d'abord en un faisceau homogène, mais au contraire sous une forme particulière à chacune des couches de la population. Le résultat, espéré, était que chacune devait croire être la seule victime, ce qui mettrait

 

L'ACTUALITE LITTERAIRE
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davantage en relief leurs inconscientes divisions, sources de profits pour les démarcheurs. “… L'important demeurait que le principe d'une redevance de cette matière de grande qualité qu'est le cri humain soutiré, fût versé quotidiennement… ”
Ce silence ne dura pas longtemps. Les habitants, qui dans le passé se fréquentaient beaucoup et considéraient comme un loisir de s'inviter régulièrement les uns les autres, décidèrent, par une sorte de réflexe de défense, de renouer avec cette tradition. Il devenait ainsi impossible de ne pas se rapporter ce qui se passait un peu partout. Ce ne furent d'abord que des chuchotements, puis des descriptions plus claires sous le sceau du secret, enfin d'audacieuses réclamations collectives publiquement exprimées. Les démarcheurs réagirent et exprimèrent la volonté du monstre de réprimer toute tentative de remise en question de la cohabitation établie. Et, pour le prouver, le monstre exigea des hurlements pour sa nourriture, ne se contentant plus de la peur. Les démarcheurs choisissaient tous les soirs un nombre, variable selon leur humeur, de personnes qui allaient, sous l'effet d'horribles tortures, hurler. Le monstre ne précisait pas ses besoins. Cela allait du simple cri entendu une fois, à une inhumaine orchestration de hurlements ininterrompus. L'important demeurait que le principe d'une redevance de cette matière de grande qualité qu'est le cri humain soutiré, fût versé quotidiennement. Comme toujours en pareil cas, des hommes décidèrent d'intervenir par le biais des possibilités qu'offrait la loi pour essayer de limiter le mal. Mais par tradition le monstre n'accordait jamais d'audience. On s'adressa alors aux démarcheurs. Ces derniers promirent tout ce que l'on voulut, assurant même que les excès ne seraient pas tolérés. Pour prouver leur bonne volonté, ils en informèrent toute la ville. Les bonnes consciences, satisfaites, défendirent l'idée qu'il ne fallait point porter de jugement d'ensemble pour quelques cas non contrôlés. Ils arguèrent que, personne ne pouvant lutter contre la fatalité et que le choix de cette dernière s'étant arrêté sur leur ville, il ne fallait point envenimer davantage les rapports avec le monstre et la fatalité. Bref, elles proposèrent de fournir à la bête ses rations quotidiennes. Elles-mêmes aideraient les démarcheurs à sélectionner les victimes pour, disaient-elles, contrôler le choix et limiter, en tentant de la raisonner, l'appétit de la bête. La ville approuva, en général. Cette doctrine, pour le plus grand malheur des bonnes consciences, se heurta à certaines autres consciences qui, elles, tendaient plutôt à réclamer la lutte contre le monstre. D'ailleurs non seulement elles posaient des questions sur l'origine du monstre et sur les conditions de son apparition dans leur

 

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ville, et voulaient les faire partager à la population, mais, crime majeur, elles étudiaient des solutions. Selon leurs dires, les démarcheurs et les notables ne pouvaient sélectionner les gens à hurler, sans tenir compte de leurs propres penchants, de leurs affinités, sans soustraire leurs familles et amis au calvaire. Elles excluaient, de la façon la plus nette, une quelconque impartialité de la part des sélectionneurs. A partir de là, la solution était dans
le rejet du monstre hors des frontières de la ville et dans le retour à la vie calme d'autrefois. Ces consciences révoltées rencontrèrent de grandes difficultés. Les bonnes consciences les qualifièrent de mauvaises, les démarcheurs de subversives et l'opinion publique de déraisonnables. Chacun s'acharna à leur découvrir tous les défauts possibles. On trouvait qu'elles manquaient de sens civique. On les
évitait comme des pestiférées. Une nouvelle division des couches s'imposa et les mauvaises consciences, isolée, à l'extrême, s’enfermèrent dans la clandestinité, seule issue possible à leur survie. Loin d'être un état ni une fin en soi, la clandestinité organisée devint l’outil qui allait les sortir de l'ombre. Elle hanta ainsi les nuits des notables et des démarcheurs qui s'étaient jurés de la briser. Les mauvaises consciences aussi ne la considéraient pas comme définitive. Ce fut 1à un point d'accord, paradoxal, entre les adversaires. Pour anéantir ce groupe de contestations secret, les démarcheurs pourchassèrent avec une extraordinaire énergie les clandestins. Les démarcheurs trouvaient là un moyen de se rallier une partie beaucoup plus large de la population, en faisant des clandestins les sélectionnés naturels pour le monstre. Parmi d'autres slogans, le plus diffusé fut : “ Aider à démasquer les clandestins, c'est éviter sa propre sélection”. Ils expliquèrent que l'action des clandestins rendait le monstre plus sévère. Pour l'amadouer, la destruction de ceux-ci s'imposait. Les clandestins répliquèrent qu'ils étaient la conséquence de l'apparition du monstre et de ses agents dans leur ville et que le départ de ces derniers pouvait seul arrêter leur action. Mais la ville, toute soumise à la peur, s'engagea dans la délation. Elle s'y jeta avec une extraordinaire frénésie, comme si elle se libérait d'un état qui la mutilait, et qu'enfin de vieilles envies retenues, rompant leurs digues, submergeaient ses mauvais scrupules et la rendaient à elle-même. Nul ne pouvait dire la moindre chose, fût-elle la plus banale, sans se sentir coupable. Le pire pour chacun était de ne pas tourner sept fois sa langue dans sa bouche et de ne pas regarder autant de fois autour de lui avant de parler.
Les mots perdaient leur sens, se jetaient, difformes et malheureux, contre la défiance arc-boutée dans l'oeil du voisin. On s'interprétait, en fonction des liens et des affections, des haines à assouvir et des revanches à prendre, comme si l'on avait trouvé là un nouveau jeu de société. Les sympathies devenaient pernicieuses et les intentions ne correspondaient plus aux

 

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déclarations. On se surveillait, on se scrutait, on se mesurait, et les genoux se lustraient à force de ramper pour surprendre.
“… Le corps et la mémoire, presque confondus, jouaient alors
d'étranges tours aux tortionnaires… ”
La prison ne se ressemblait plus. De ses cellules, étouffantes et tristes, le détenu ne vagabondait plus par la pensée. L'évasion était exclue, quelle que fût sa forme, le détenu occupant tout son temps à hurler et à reposer son corps pour mieux reprendre ensuite. Chaque coin de la bâtisse, construite un peu en dehors de la ville, recelait un tel volume de cris, de hurlements et de souffles saccadés qu'on tenait certainement là une force énergétique capable de pulvériser la cité. Mais personne n'y songea, la douce pente de la passivité étant plus facile à prendre. Cependant, mêlées à la nourriture du monstre, les insultes obscènes des gardiens maintenaient la victime dans son état d'homme, car l'homme seul pouvait être fils de putain. Et cet homme essayait de vivre, écrasé par de multiples accessoires au service de la dénonciation, qualifiée de vérité par les bourreaux. I1 vérifiait l'horreur d'une jonction contre nature du mot vérité et de l'action torture. En accédant au plus haut degré de la douleur, il perdait son identité, oubliait ses origines, niait qu'il existât quoi que ce soit d'humain et de vrai dans la vie. Prisonnier de sa masse de chair souffrante et de ses os brisés, il ne pouvait plus parler, si ce
n'était par cet instinct puissant qui lui commandait tout de même d'exister. Dire quelque chose, n'importe quoi, exigée ou venant de lui, suffisait à le retenir aux vivants. Il n'avait nul besoin de réfléchir car, pour ce genre de jeu, la mémoire se détraquait. Très souvent, elle se transformait en parapet qui lui conservait de subtils espoirs en activité. Le corps et la mémoire, presque confondus, jouaient alors d'étranges tours aux tortionnaires et, sous l'effet de l'outil destructeur, se retrouvaient bien au-delà du moment dans le
plus petit souvenir possible, pourvu qu'il ne fût pas pénible. Et ce souvenir, amplifié, donnait naissance à d'autres, créait le désir de lutter et chaque torturé se remobilisait à nouveau. Les bourreaux fabriquaient eux-mêmes l'arme qui les tuerait. Les murs d'une prison ne furent jamais assez épais pour empêcher le prisonnier d'y jeter par-dessus, des messages de douleur et d'espérance, des appels terribles et des cris destinés à autre chose qu'à alimenter l'épouvante. Une nouvelle entreprise qui rejoignait les buts des
clandestins, prenait sa source dans le dépassement de la peur de ceux qui avaient connu le supplice et approvisionnait le fonds de haine contre les démarcheurs.
Cependant, la machine, en dehors de l’enceinte où se nourrissait le
monstre, s'étalait et couvrait la ville de ses réseaux brutaux. Elle avait dépassé en quelque sorte la période de rodage et atteignait son plein

 

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rendement. Les gens ne vivaient plus pour la vie elle-même mais avec l'hallucinant espoir de ne jamais se retrouver dans l'engrenage de l'horreur. A ce degré de peur surnaturel, ils ne s'apparaissaient plus les uns aux autres que comme de virtuelles victimes, chacun se refusant tout de même pour l'autre la moindre tentative de pitié. La cité tout entière hachait la tête, pleurait, implorait les dieux du bien en reconnaissant, lâche et minable, la suprématie des temps d'épouvante. Masochiste, elle piochait dans elle-même, pour mettre en relief ses péchés mal enfouis devenus l'explication logique de l'inhumaine entreprise qui la brisait Les démarcheurs grimpaient la grande échelle sociale, ils ne voulaient plus tarder à se faire reconnaître comme chefs. Pour eux, le temps des commissionnaires était mort. Les feuilles tombaient des arbres, en cette fin de journée d'automne, en telle quantité que la terre recouverte n'était plus visible. L'homme qui sortait d'un baraquement, d'une démarche décidée, le menton sur la poitrine, semblait enfermé dans une réflexion qui le mettait hors du temps. Cette impression était confirmé par l'épaisseur des feuilles qui rendait ses pas légers. Il ne marchait pas, les feuilles le portaient. A un moment, il porta son regard autour de lui et pensa qu'au nom de la vie à conserver, coûte que coûte, le crime du silence réglait les attitudes et faisait réelle la disposition des hommes à s'adapter à l'infamie. Il ne rentra pas directement chez lui, préférant méditer sur les possibilités de résistance de son corps meurtri durant des jours. I1 avait atteint les limites de 1'insensibilité, et pourtant il savait que la piqûre d'une simple aiguille lui arracherait des cris, alors qu'il croyait n'être plus capable de crier, qu'on l'avait épuisé en ce domaine. Mais la vie, à l'appel du souffle le plus minime, se reconstitue vite et avec elle, ses faiblesses, et les moyens de lui faire mal. Il repassa en mémoire les minutes qu'il venait de passer avec d'autres hommes, le récit qu'il leur fit de ses tortures et les résolutions arrêtées en commun. I1 sourit. Presque de pessimisme, parce qu'il considérait qu'après être passé par le même chemin que lui on n'avait plus rien à perdre. Mais en réalité son engagement venait d'une sincère décision de mettre un terme à l'épouvante. I1 venait aussi des parcelles d'amour qui naviguaient dans tout son être, le faisant aboutir au désir de revivre hors de la crainte des animaux qui vous surprenaient dans vos réveils heureux. Pour cela, il fallait réaliser à nouveau la confiance et la paix. I1 arriva chez lui. I1 n'était pas marié et vivait avec sa soeur, veuve et fatiguée de son veuvage. Aucun des deux ne s'embarrassait de la présence de l'autre et des jours durant, ils avaient la faculté de s'ignorer mutuellement. Ils s'aimaient certainement beaucoup, mais se l'étaient prouvé durant tant d'années qu'il ne leur paraissait plus nécessaire maintenant de se charger encore de ce grave sentiment. Leurs deux solitudes s'harmonisaient trop bien avec le silence, plus pesant encore, plus réel, depuis son retour des geôles du monstre. Et puis, elle l'avait toujours servi, et ce n'était certes pas son court

 

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mariage, passé inaperçu pour lui, qui pouvait compter vraiment comme une rupture. Elle s'occupait de son ménage, le soignait, réglait ses dépenses. Il tirait une grande joie du fait qu'elle lui évitait ces corvées et de ce qu'elle limitait leur conversation aux mots usuels, nécessaires a la confection d'un menu ou au choix de la chemise à mettre. Si les bouleversements survenus dans la ville les avaient affectés au plus profond, ils n'en parlaient presque jamais. A peine avait-il, avant son arrestation, remarqué combien l'inquiétude atténuait l'éclat du regard de soeur. Maintenant, face à lui, son visage prenait une allure émouvante, décelée à peine par quelques tics, comme lorsqu'elle veillait son mari avant sa mort. Il savait que c'était là un signe d'inquiétude, mais ne pouvait la rassurer, lui-même trop angoissé devant ce qu'étaient devenues leur vie et celles de leurs voisins. Pour elle, qui connaissait les lectures de son frère, se souvenait, au temps de leur jeunesse de son idéalisme juvénile, sa peur se justifiait. Elle se persuadaitsouvent que l'âge changeait l'homme, que le mûrissement gommait les grands élans. Mais la dernière expérience de son frère lui prouvait au contraire que tout était possible.
Ce soir-là, elle lut sur son visage un peu plus fatigué qu'à l'ordinaire, de fortes préoccupations. L'envie de le questionner s'insinua en elle, lui fit faire quelques tentatives muettes, mais finalement se borna à des banalités.
L'accoutumance qu'elle avait à ne pas chercher la conversation avec lui l'handicapait beaucoup. Ils dînèrent donc sans innovation. Elle constata qu'il ne mangeait pas beaucoup et qu'entre deux bouchées il s'enfermait dans une longue méditation Elle n'oserait décidément pas le déranger. Dans les jours qui suivirent, elle recueillit un nombre important d'informations sur la lutte qui devenait âpre entre les démarcheurs et les clandestins. Les voisins, les commerçants, les amis, les commérages étaient sa source. Elle pénétrait ainsi, parce que subitement intéressée, un monde effrayant et passionnant, celui du combat poussé à la mise à mort. Elle n'était pas courageuse et son veuvage la rendait encore plus sensible à la peur. Pour la dominer, il lui fallut cette inexprimable raison qu'était son amour pour son frère. Mais aussi, elle ne regrettait pas cette petite prospection dans le monde hostile qui l'entourait et dont elle ne soupçonnait pas l'immense abjection.
Elle prenait conscience du fait qu’il arrive un moment où l'on pouvait difficilement distinguer les humains des serpents et des corbeaux. Tous lui paraissaient sombres, ou tout simplement incolores, et elle les méprisait. Elle admettait que peut-être elle leur ressemblait, parce qu'elle était décidée à ne rien faire pour eux et à amener son frère à aligner son comportement sur le sien. Mais son frère ne la suivrait certainement pas : c'était finalement pour
cela qu'elle voulait prendre la mesure du danger exact qui le menaçait. Elle n'apprit rien. Rien, si ce n'était que les deux camps ne tarderaient plus à s'affronter autrement que dans l'ombre.

 

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Un soir, alors qu'ils dînaient dans le classique silence, ils entendirent la voiture s'arrêter brutalement dans leur rue. Le fait qu'une voiture s'arrêtât brutalement était fréquent, cependant ils sursautèrent tous deux. Elle courut plus vite que lui à la fenêtre et reconnut un véhicule de police. Elle le lui dit. Il était à mi-chemin entre la table et la fenêtre et une frayeur extraordinaire, inhumaine, crispa ses traits. L'image fulgurante de la prison et des salles où opéraient les démarcheurs traversa son esprit. Elle lui fit autant mal que s'il était encore soumis aux pratiques violentes des appareils de torture. Il regarda sa soeur avec des yeux dilatés qui lançaient vers la veuve de pressantes prières; ou bien tout simplement des appels au secours. Elle ne savait que faire et bêtement questionner : C'est pour toi ?. I1 était paralysé. Sa langue l'était aussi. Il ne cessait de regarder sa soeur. Elle se jeta pratiquement sur lui, le secoua, le suppliant de s'enfuir. Il la regardait toujours, sans paraître comprendre, alors que le dernier mot avait accroché sa raison. Fuir... Fuir... Il savait parfaitement ce qu'il devait fuir : I’intolérable douleur, l'anéantissement, I’humiliation d'une intelligence passive devant des bras brisés. En revanche, il ne savait pas où fuir. On frappa à la porte. La soeur s'éloigna de lui. Alors, brusquement, il ouvrit la fenêtre, hurla, comme .s'il offrait un dernier présent au monstre. Mais cette fois, ce qui nourrissait le monstre était aussi sa contestation: « Pas de tortures
! Non ! Plus de tortures ! »
La soeur ne se rendit presque pas compte qu'il n'était plus dans la pièce près d'elle, mais qu'il avait entamé, pour fuir, une course verticale vers la mort. Quand elle regarda une seconde fois par la fenêtre, i1 était allongé sur les feuilles mortes dans la position de quelqu'un qui se repose. Une seconde, elle pensa faire le même geste. Mais, elle ne se l'expliqua jamais, l'idée qu'il fallait quelqu'un pour l'enterrer la retint. Elle marcha lentement vers la porte,
l'ouvrit. Trois hommes en civil la saluèrent respectueusement. Ils
paraissaient tous trois le même âge. Quand l'un d'eux, un peu surexcité, demanda après son frère, elle ne répondit pas. Elle aurait voulu se battre contre eux, mais ne les regarda pas et descendit les marches, une à une, d'une démarche saccadée comme un enfant jouant au soldat. Les trois hommes la suivirent un petit moment, puis la doublèrent en courant. Lorsqu'elle fut dans la rue, ils étaient déjà là, entourant le corps qui semblait intact, détendu. Seul, un léger filet de sang sortait d'une narine et s'écoulait sur une feuille collée à sa lèvre, signalait le drame. L'un des trois hommes avait pris la tête du mourant dans ses bras et en caressait les cheveux. Il parlait à son frère avec une voix douce, amicale, l'appelait par son prénom. Elle en fut déroutée. Un deuxième, la voix rauque, parla : « Pourquoi as-tu fait cela, pourquoi ? ~
Le regard étonné du moribond se posa lentement sur les trois hommes et la tête essaya de bouger. Celui qui la tenait l'en empêcha :

 

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— Non, ne bouge pas. Oui, c'est nous. Nous sommes venus te dire que tous les démarcheurs sont arrêtés ou chassés de la ville avec leurs amis les notables. La ville est libre.
Le blessé articula dans une grimace :
— Et le monstre ?
— I1 a disparu avec eux. Tu sais, il n'existait pas, c'était eux. Nous aurions pu depuis longtemps éviter ce qui nous est arrivé. Mais la peur... Les lèvres du blessé remuèrent. Il poussa avec sa langue le sang qui pénétrait sa bouche et réussit à dire :
— J'ai eu peur, oui... la voiture de police... Tortures... J'ai eu peur...
I1 voulait en dire davantage et expliquer à ses camarades qu'il venait de trouver deux importantes réponses à ses nombreuses questions d'homme. La première concernait la mort: elle était effrayante dans sa simplicité et bien souvent, comme dans son cas, ne réglait aucun problème. La seconde réponse, qu'il percevait tardivement, avait trait aux monstres. Ils n'étaient que le produit de nos imaginations malades de peur. La peur est leur alliée.
Quand un homme tue en lui la peur, il anéantit du même coup les monstres. C'est en s'éveillant le matin que l'on chasse l’oppression des cauchemars. Si la ville avait appliqué cette règle... I1 mourut sans avoir livré ses réflexions, ignorant la présence de sa soeur à ses côtés. Elle était restée un peu à l'écart et reçut une pénible sensation au coeur comme si elle était veuve pour la seconde fois. Ce qui se passait là, sous ses yeux, entre ces trois hommes et son frère, était si réel qu'elle se sentit frustrée. Son frère et les hommes se libéraient de la peur. Ils en étaient même débarrassés. Mais elle, à partir de cet instant, dans sa solitude, elle allait la rencontrer tous les jours, toutes les nuits.
Elle s'agenouilla et dit aux trois hommes :
— Pourquoi meurt-il ? I1 n'était pourtant pas la conscience du monde ?...
Elle ne vit pas celui qui répondit, mais sa voix était neutre, comme s'il ne s'adressait pas à elle, mais à d'autres, au-delà d'elle, plus nombreux :
— Peut-être non, mais qui put expliquer où est la conscience du monde ?
Qui nous dira où elle commence ? Qu'importe s'il n'était pas la conscience du monde, il ne le souhaitait pas d'ailleurs. En faire partie un tout petit peu, en assumer une petite partie, c'était tout.
La soeur resta agenouillée devant les feuilles mortes écrasées par le corps de son frère, bien longtemps après qu'on l'eut enlevé.

Djilali Kadid, Effigie, huile sur toile, 1992 (65 x 50)
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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 17:51

El Asnam : La mort en direct de héros.

 

C’était en 1961. Notre domicile (baraque), situé  à l’emplacement actuel de la direction des Moudjahidine, servait de refuge à l’A.L.N.

Ils  venaient à l’aube, en tenue et armés, par groupe de 3 ou 4 pour passer 1 ou 2 jours, soit pour se reposer, soit pour une mission.

Ils repartaient à l’aube, sans oublier le baiser sur la tête de ma mère.

Elle les traitait comme ses enfants. Elle disait : « Ils me ramènent l’odeur de mes filles ».

Ce jour là, c’était le tour de SI-Mhamed, Si-Allal et Si-Tayeb. Ils sont partis de chez nous pour un autre refuge au centre ville.

En début de matinée, nous avons entendu des échanges de coups de feu, de grenades et des armes lourdes.

Cela empirait. Je suis sortie pour voir ce qui se passait, lorsque mon petit voisin qui venait en courant, me dit qu’il y avait un accrochage entre Moudjahidine et l’armée Française chez la famille untel. Mon sang n’a fait qu’un tour !

Quand je l’ai appris à ma sœur et ma mère, celle-ci s’est tenu la tête en gémissant : « Mon Dieu, ce sont eux ! » (Ya Rabi houma !). Nous avons vite enfilé les voiles (même moi) et nous nous sommes rendues sur les lieux du carnage.

Il y avait plein de monde qui assistait à cette horrible scène ; certains avec une curiosité malsaine. Toutes les trois nous étions pétrifiées. Nous n’osions pas pleurer par crainte d’être considérées comme compatissantes.

Le bruit des armes était assourdissant. La porte du garage était pulvérisée  et les murs écroulés lâchaient une forte poussière. La fumée envahissait la rue.

Les pétarades fusaient des 2 côtés car nos frères ripostaient en criant : « Allahou Akbar, Tahiya El Djazaïr ». Cela a duré une éternité. La voix de Si-Mhamed nous parvenait très nettement, puis plus rien…

 Ils avaient épuisé leurs munitions. Les soldats hurlaient : « Sortez ! Rendez-vous ! Sales fellagas ! Et nous vîmes une immense silhouette blanche de fumée et de poussière sortir de cette fournaise, les bras levés tel un épouvantail. C’était Si-Tayeb.

 Les soldats se sont rués sur lui, l’ont ficelé comme un mouton, l’ont malmené et jeté dans un véhicule militaire. Je ne sais pas ce qu’il est devenu, s’il est toujours en vie. Si-Mhamed souhaitait mourir en martyr. Allah yerham echouhada.

De retour à la maison, nous sommes allées au salon où il y avait encore les mégots de leurs cigarettes dans le cendrier et nous avons donné libre cours à notre chagrin. Nous avons pleuré, pleuré, pleuré….

 

            Par Mme Farida Ziouche née Bedj -

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 17:46

El Asnam : La mort en direct de héros.

 

C’était en 1961. Notre domicile (baraque), situé  à l’emplacement actuel de la direction des Moudjahidines, servait de refuge à l’A.L.N.

Ils  venaient à l’aube, en tenue et armés, par groupe de 3 ou 4 pour passer 1 ou 2 jours, soit pour se reposer, soit pour une mission.

Ils repartaient à l’aube, sans oublier le baiser sur la tête de ma mère.

Elle les traitait comme ses enfants. Elle disait : « Ils me ramènent l’odeur de mes filles ».

Ce jour là, c’était le tour de SI-Mhamed, Si-Allal et Si-Tayeb. Ils sont partis de chez nous pour un autre refuge au centre ville.

En début de matinée, nous avons entendu des échanges de coups de feu, de grenades et des armes lourdes.

Cela empirait. Je suis sortie pour voir ce qui se passait, lorsque mon petit voisin qui venait en courant, me dit qu’il y avait un accrochage entre Moudjahidines et l’armée Française chez la famille untel. Mon sang n’a fait qu’un tour !

Quand je l’ai appris à ma sœur et ma mère, celle-ci s’est tenu la tête en gémissant : « Mon Dieu, ce sont eux ! » (Ya Rabi houma !). Nous avons vite enfilé les voiles (même moi) et nous nous sommes rendues sur les lieux du carnage.

Il y avait plein de monde qui assistait à cette horrible scène ; certains avec une curiosité malsaine. Toutes les trois nous étions pétrifiées. Nous n’osions pas pleurer par crainte d’être considérées comme compatissantes.

Le bruit des armes était assourdissant. La porte du garage était pulvérisée  et les murs écroulés lâchaient une forte poussière. La fumée envahissait la rue.

Les pétarades fusaient des 2 côtés car nos frères ripostaient en criant : « Allahou Akbar, Tahiya El Djazaïr ». Cela a duré une éternité. La voix de Si-Mhamed nous parvenait très nettement, puis plus rien…

 Ils avaient épuisé leurs munitions. Les soldats hurlaient : « Sortez ! Rendez-vous ! Sales fellagas ! Et nous vîmes une immense silhouette blanche de fumée et de poussière sortir de cette fournaise, les bras levés tel un épouvantail. C’était Si-Tayeb.

 Les soldats se sont rués sur lui, l’ont ficelé comme un mouton, l’ont malmené et jeté dans un véhicule militaire. Je ne sais pas ce qu’il est devenu, s’il est toujours en vie.

Si-Mhamed souhaitait mourir en martyr. Allah yerham echouhada.

De retour à la maison, nous sommes allées au salon où il y avait encore les mégots de leurs cigarettes dans le cendrier et nous avons donné libre cours à notre chagrin. Nous avons pleuré, pleuré, pleuré….

 

           Par Mme Farida Ziouche née Bedj -

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 14:19

Une marche arrière inconsidérée de la part du pouvoir

 

Actualités : NI REMANIEMENT, NI OUVERTURE DE LA TÉLÉVISION

Bouteflika fait machine arrière Abdelaziz Bouteflika «rétropédale» contre toute attente et annule de nombreuses décisions qu’il allait annoncer la semaine dernière. Notamment, un remaniement gouvernemental pourtant finalisé dans ses moindres détails. Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - «En tout cas, le remaniement n’est plus à l’ordre du jour», nous confie une source proche de la présidence. Ce revirement, notre source l’attribue à des considérations «d’ordre tactique ». «Les dernières mesures prises en conseil des ministres d’abord avec la levée de l’état d’urgence, les décisions liées à l’emploi, au logement, à l’enseignement supérieur, puis la mesure de dispense du service national au profit des plus de 30 ans sont finalement suffisamment lourdes pour faire baisser la tension sociale de ces dernières semaines.» Le pouvoir estime donc avoir fait assez de concessions pour le moment. «Il y a certes des tensions sociales mais pas de pression politique d’envergure qui nécessiterait un changement de gouvernement.» Manifestement, Bouteflika ne compte plus abattre toutes ses cartes, d’un seul coup. «Tout se fera et se décidera en fonction de l’évolution de la situation », explique encore notre source. D’ailleurs, ce n’est pas qu’au sujet du gouvernement que Bouteflika semble «temporiser». C’est le cas également de l’ouverture de la télévision. Inscrit comme priorité absolue, le 3 février dernier lorsque Bouteflika réunissait le premier «Conseil des ministres d’urgence», ce point avait accaparé l’essentiel des travaux d’une réunion marathon de deux jours du gouvernement Ouyahia. Un avant-projet de loi sur la télévision avait été ébauché par le ministre de la Communication et qui devait être finalisé avant l’ouverture de la session de printemps du Parlement. Or, depuis, cet avant-projet ne figure plus, curieusement, à l’ordre du jouir des différentes réunions du gouvernement. Y compris la prochaine qui aura lieu mercredi 9 mars. Ce spectaculaire revirement trouve également son explication par la conjoncture internationale. Les pressions, américaines notamment qui étaient assez fortes il y a un mois, se sont nettement estompées, s’agissant du «cas Algérie». Obama, qui avait «félicité» Bouteflika pour les dernières mesures annoncées en Conseil des ministres, semble opter pour la prudence, concernant un pays frontalier de la Libye où la situation ne cesse de se dégrader avec tous les risques, non négligeables, que fait peser Al Qaïda sur l’ensemble des pays du Sahel. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si plusieurs visites de responsables américains, chargés de la sécurité, se sont multipliées à Alger, ces derniers jours. K. A.

 

OUYAHIA À SES MINISTRES : «Occupez le terrain et les médias» La communication gouvernementale a fait l’objet d’un long débat lors de la réunion de l’exécutif, mercredi dernier, nous a confié une source fiable. Ahmed Ouyahia reprochait ainsi à ses ministres «leur mollesse en matière de communication et d’occupation du terrain». Selon notre source, presque tous les ministres se sont exprimés sur la question et nombreux d’entre eux se sont plaints de ne pas faire l’objet de couverture suffisante par l’ENTV depuis quelques semaines. Autrement dit, depuis que Nacer Mehal en personne est chargé de «superviser» le journal télévisé. Ce reproche, Ouyahia ne semblait nullement en tenir compte puis, reprenant la parole, il a sommé ses ministres à faire montre de plus de présence sur le terrain et dans les médias. K. A.

 

Source de cet article : http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/03/05/article.php?sid=113781&cid=2

 

Commentaire :

 

Devant une certaine accalmie qui s'est instaurée au sein de la société de part les dernières décisions en faveur de la jeunesse, le président de la république, sûr de sa politique d'allègement en faveur de la société, a pensé qu'il a fait trop de concessions et fait actuellement marche arrière estimant calmé les esprits échauffés de certains jeunes et moins jeunes, prétextant par là que le problème était purement social et non point politique comme ce fut le cas chez nos voisins, en Tunisie, en Egypte ou actuellement en Lybie. La tension monte et l'accalmie n'est peut-être que le calme qui prédit la tempête. Il serait louable que le président lache du lest en essayant de prévoir sur l'agora politique et essayer de lever la mainmise sur les médias lourds et permettre une utilisation plus sociale de ces derniers et ainsi lever le voile sur beaucoup de non-dits et permettre aussi un débat qui pourrait nous faire voir le bout du tunnel. En matière de politique, ce n'est point un remaniement ministériel qui est demandé mais plutôt un changement radical de toutes les instances de la République. La rue gronde en sourdine comme un volcan tel l'Etna. Attention au basculement. Ce serait irréversible. La stratégie du "un pas en avant et deux pas en arrière, n'est plus payante". A bon entendeur salut !!!

 

                    Med Boudia - Ecrivain et journaliste indépendant -

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 07:52



Actualités : CONFÉRENCE DE PRESSE DE ALI YAHIA ABDENOUR :
«Les Algériens veulent le changement»


A ceux qui s’échinent encore à faire croire que le pouvoir et le régime peuvent toujours s’amender, Me Ali Yahia Abdenour répond sans malice mais avec beaucoup de sagesse : «Il n’y a rien à attendre de ce pouvoir. » Dans le discours de ce vieux militant des droits de l’homme, deux mots résonnent chargés de conviction et de détermination : le changement et la démocratie.
Farid S. - Alger (Le Soir) - Comme pour dire qu’il ne faut pas fléchir face à la répression policière que le pouvoir ordonne pour empêcher les Algériens de manifester pacifiquement dans la capitale et ailleurs, c’est debout que Me Ali Yahia Abdenour a animé hier une conférence de la presse à la Maison de la presse Tahar-Djaout à Alger. Mandaté dimanche par la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), il était venu, outre informer des activités de la Coordination, délivrer un message fort, à savoir que la révolution pacifique est un processus lent, voire long mais à l’aboutissement certain. Ali Yahia Abdenour n’a pas manqué d’ailleurs, à l’occasion, d’emprunter à Victor Hugo l’une de ses célèbres citations : il faut libérer la liberté. Cette dernière, une fois libre, elle fera le reste. Pour l’orateur, il relève, chez les gens qui jugent de la mobilisation de la CNCD, du ridicule tant que les marches sont interdites et réprimées. «Le jour où l’état d’urgence sera effectivement levé et les gens manifesteront librement, c’est à ce moment-là qu’on jugera de la mobilisation », a-t-il asséné. Ali Yahia Abdenour a estimé, en effet, que non seulement l’état d’urgence n’est pas réellement levé mais que, pis encore, Alger est maintenue sous état de siège. Il a voulu pour illustration les trois marches interdites et réprimées de la CNCD, les 12, 19 et 26 février dernier. Sa réplique s’est voulue aussi une réponse à ceux qui estiment que les populations rechignent à sortir dans la rue pour manifester. «Les gens ont toujours peur», a-t-il confirmé. Cependant, il a expliqué qu’«on ne veut pas de violence. On en a trop subi». La révolution qu’il préconise est à l’instar de celle menée par Gandhi contre les Britanniques, pacifique, en somme. D’ailleurs, aux contradicteurs de la CNCD qui disent que l’Algérie n’est pas la Tunisie, ni l’Égypte, Ali Yahia rétorque : «Nous avons connu une guerre de sept ans et demi, nous avons connu les révoltes de 1988, les événements tragiques des années 90 et les 126 morts du Printemps noir. L’Algérie, en effet, c’est plus que la Tunisie et l’Égypte.» Parlant de la CNCD, Ali Yahia Abdenour a informé qu’à sa création, elle s’est proposé de relayer la contestation sociale et de militer pour le changement du régime et non un changement dans le régime. «Après la première marche, des associations satellites d’un parti politique qui s’était retiré ont commencé à marquer le pas. Il fallait voter la seconde marche. Pour la troisième, étant en minorité, elles ont refusé le vote et se sont retirées», a-t-il indiqué, ajoutant que «ces organisations voulaient traiter avec le pouvoir. La Ligue des droits de l’homme se suffit de la levée de l’état d’urgence, le Snapap, lui, veut négocier avec le pouvoir ». Parlant de la lettre de Mehri à Bouteflika, Ali Yahia Abdenour dira que c’est la même lettre qu’il avait envoyée 12 années auparavant à Liamine Zeroual. No comment !
F. S.

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/03/01/article.php?sid=113606&cid=2

 

Commentaire par Mr Boudia

 

Il serait vain de vouloir négocier avec le régime en place car cela équivaudrait à pérenniser le statu quo qu'on endure depuis les années soixante. Il serait vain de demander du changement au sein du régime en place. Il serait fort louable de demander le changement du régime totalitaire qui ne profite qu'aux initiés du régime et des introduits. L'Algérie n'est pas et ne sera jamais ni la Tunisie ni l'Egypte. Le peuple algérien a toujours été au devant de toutes les insurrections en Afrique du Nord. Il a été le prote-flambeau des révolutions dans le monde. Le changement de régime serait un plus pour le peuple algérien. Il donnerait beaucoup plus de liberté d'expression et beaucoup plus de participation du peuple à la décision politique et économique. Les potentialités de l'Algérie sont immenses, il suffirait seulement de donner beaucoup plus de possibilités au peuple pour la participation effective dans les décisions qui concernent l'avenir du pays. Alors, pour satisfaire ces exigences de l'heure, il faut UN CHANGEMENT RADICAL et non point un changment à l'intérieur du même ratelier.

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 08:35
Justice, Droit & Ethique
Le calvaire pour l'obtention d'un extrait d'Acte de Naissance
Posté par boudia2007 le 28/2/2011 8:06:42 (0 lectures) Articles du même auteur

Il est des lieux où l'être humain est en droit de s'en éloigner le plus possible car dans ces lieux c'est le calvaire vécu dans toute sa plénitude et dans toute son ampleur, ce qui avilit au plus haut point l'étre humain que de quémander un tant soit peu de considération de la part de certains énergumènes qui occupent nos administrations en Algérie.
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Il est neuf heures du matin lorsque je décidais mon ami Baroudi et moi d’aller faire une petite virée sur Relizane, le chef-lieu de wilaya jouxtant la wilaya de Chlef du côté Ouest. Nous nous sommes donnés rendez-vous chez Aoued, notre ami commun, dans la librairie de Hadj Taïeb. Il était déjà plus de neuf heures du matin. Nous avons remonté la Rue des Martyrs (ex-Rue d’Isly), nonchalamment sans nous presser. Après quelques minutes nous fûmes en présence de la mosquée de la ville, se trouvant en face du jardin public qui faisait honneur à la ville d’El Asnam dans le temps, mais actuellement déserté et peu animé de par la fréquentation qui s’y trouve. Nous avions dépassé le jardin public et nous nous trouvions directement devant la gare routière. Un jeune homme s’avança vers nous, nous demandant quelle direction nous voulions prendre. Baroudi lui répondit qu’on devait aller à Relizane. Il nous montra du doigt un bus couleur violette sombre et nous y montâmes  et prîmes place sur deux sièges à l’avant du bus. Ce dernier était presque vide. Les gens ne se bousculaient pas à la montée. Il fallait attendre plus d’une quinzaine de minutes, sinon plus, pour voir le bus se remplir. Quelques minutes plus tard, le bus fut rempli de passagers. Toutes les places étaient occupées. Le receveur demanda au chauffeur de fermer les portières avant et arrière et commanda le départ. Le bus s’ébranla et sortit de la station d’une marche de tortue pour gagner la route nationale qui se trouvait à une encablure de la station. Dès que nous fûmes sur l’autoroute de l’entrée Ouest de la ville d’El Asnam, le bus prit sa vitesse de croisière. Certains passagers sont descendus à Oued Sly, d’autres à Bou Kader. Il fallait les remplacer par d’autres passagers. Ne s’en rendant pas compte, le receveur ne laissa pas de siège pour lui-même. Il descendit du bus et fit appel à un collègue qui le suivait de le prendre avec lui jusqu’à dépasser le barrage de police qui se trouvait à la sortie de Bou Kader. Le passage du barrage se fit sans encombre. Quelques centaines après le barrage, le chauffeur du bus s’arrêta et nous dûmes attendre le deuxième bus qui transportait le receveur pour le récupérer. A l’arrivée du deuxième bus, il y eut un transbordement de passagers du car que nous occupions vers le deuxième qui s’était arrêté devant le nôtre. C’est les passagers qui devaient descendre à Oued R’hiou. Le chauffeur faisait un peu trop de vitesse et j’ai dû l’invectiver et lui demander de respecter le code de la route car nous n’étions pas des sacs de pomme de terre mais des êtres humains et que nous avions avec lui un contrat de transport et qu’il devait nous ramener à bon port en bonne santé et qu’en tant que transport en commun, il ne devait point dépasser les 90 km à l’heure. Cela ne lui a pas plu que je lui fasse cette remarque qui, pour lui, était déplacée mais il obtempéra et diminua sa vitesse. Arrivé à Oued R’hiou, le receveur descendit et commença à rameuter des voyageurs pour compléter les sièges vides. Le bus fut plein et tous les sièges étaient maintenant occupés. Le chauffeur reprit le départ en direction de Relizane. Le trajet dura peut-être une heure, peut-être plus, peut-être moins. Arrivés à la station de la gare routière de Relizane, nous descendîmes du bus et nous décidâmes  de faire le trajet qui nous séparait de la mairie à pied. Pourquoi la mairie de Relizane ? Je vais vous expliquer le pourquoi de ce déplacement. Au lendemain du séisme du 10 Octobre 1980, ma femme qui devait accoucher fut dirigée vers l’hôpital de Relizane car celui d’El Asnam était complètement détruit et dans l’hôpital de fortune installé au Lycée As-Salem au centre-ville, il n’y avait pas de clinique d’accouchement. Ma femme passa une nuit dans l’hôpital de Relizane après avoir mis au monde, un petit bout de chou, une petite fille qui est maintenant une grande fille. Donc, elle fut inscrite à l’Etat-Civil à Relizane qui est son lieu de naissance. Et c’est là mon malheur à moi en tant que père. Depuis ce jour, je suis obligé de me déplacer à Relizane pour lui ramener son extrait de naissance et c’est le calvaire à chaque fois. Vous passez toute la journée entre les bus et la mairie, faisant face à des employés peu scrupuleux de ce que vous pouvez ressentir et qui vous font attendre plus de quatre ou cinq heures pour obtenir un extrait de naissance. Ce jour-là, c’était la goutte qui fit déborder le vase. Heureusement que j’avais mon ami Baroudi qui me calmait de temps à autre en me disant que c’était à l’image de toute l’Algérie et qu’il fallait que je me contrôle pour ne  pas porter atteinte à ma santé car je frise les 68 ans. Avant de déposer mon livret de famille, il fallait atteindre plus d’une demi-heure avant que le préposé au guichet « hors wilaya » se présente et daigne bien nous parler. Il était excité et nerveux. Je lui fis part de ma demande et il prit le livret de famille. Après coup, j’ai constaté que ce n’était pas le préposé au guichet « hors wilaya ». C’était un autre. Lorsque ce dernier se présenta je le mis au courant de ma déconvenue. Il me dit : « je n’ai pas le registre de 1980, il est chez le service du S 12 et je ne peux actuellement satisfaire votre demande, vous devez allez voir le chef de service du S12 pour qu’il m’envoie le registre des naissances de 1980. Je lui répondis que c’était à lui d’aller le réclamer et comme j’ai vu qu’il prenait la chose du mauvais côté, je me suis tu et je suis sorti pour demander à être reçu par le chef de service qui s’est avéré une petite dame qui était en train de débloquer une serrure. Je me présentais et lui demandais si elle pouvait faire quelque chose pour atténuer mon impatience et permettre qu’on redonne à l’employé du service « hors wilaya » le registre des naissances de 1980 afin qu’il m’établisse les extraits d’acte de naissance de ma fille. Elle se releva et me toisa comme si j’avais demandé la lune, puis me dit que c’était elle la cheftaine de service et qu’elle allait le lui ramener illico presto. Je ressortis de chez elle avec mon ami Baroudi et nous avons repris la posture de notre attente qui se faisait de plus en plus longue. Au début, l’employé m’avait dit que je devais atteindre au moins une heure pour que me demande soit satisfaite. Je lui avais répondu que c’était normal  et je sortis avec mon ami pour aller déjeuner car il était déjà plus de 11 heures 30. Nous nous rabattîmes chez notre ami Bouyagoub qui tenait un petit kiosque où il vendait des casse-croûtes. Il nous réservé une table dans l’arrière-boutique et nous mîmes fin à notre faim. Nous avions pris des limonades pour nous désaltérer. Sur conseil de mon ami Baroudi, nous avions décidé d’aller rendre visite à une Librairie dans le centre ville de Relizane, non loin de la mairie, ce qui fut fait. Nous avons visité la librairie et elle était bien achalandée. Il y avait beaucoup de classique, des dictionnaires et des livres de cuisine et de pâtisserie. Nous sommes ressortis sans acheter et nous nous sommes attablés à un café non loin de là et nous avions dégusté nos cafés bien montés. Toute cette visite de la ville de Relizane nous prit plus d’une heure. Lorsque, revenus à la mairie pour m’enquérir de l’état de ma demande, je me présentais au préposé du guichet « hors-wilaya », il me fut répondu qu’il n’avait encore eu le registre de l’année 1980 et qu’il fallait que je revienne vers la cheftaine de service pour accéder à ma demande. Ce fut fait et elle me jura qu’elle l’avait remis. Je revins sur mes pas et j’ai toujours la même réponse du préposé. Je sortis hors de mes gonds et j’ai demandé à voir le maire ou un des vice-présidents de l’APC. Il me fut répondu qu’il fallait voir le directeur de l’Etat-Civil. Je montais les escaliers faisant face au service de l’Etat-Civil et ayant atteint le bureau du directeur, il n’était pas là. J’ai commencé à m’énerver et à élever le ton de ma voix. Je redescendis, toujours suivi de mon ami Baroudi et je décidais d’aller voir directement le maire ou un vice-président. Nous sommes montés au premier étage et j’ai demandé à voir le maire. On me dit qu’il était empêché et que je pouvais voir le vice-président. On me dirigea vers le bureau de ce dernier et je lui expliquais mon cas et ma déconvenue. Il fut très courtois et me demanda les renseignements concernant ma fille. Il inscrivit tout cela sur un bout de papier et demanda à une secrétaire de bien vouloir m’accompagner au service de l’état-Civil pour obtenir l’objet de ma demande. Elle resta avec à quémander que l’on m’établisse l’objet de ma demande. On la rassura  et elle me fit part des résultats qu’elle avait obtenus et que je devais attendre quelques instants seulement avant d’avoir les extraits d’acte de naissance. Je la remerciais vivement en lui demandant de remercier par la même le vice-président. Il était plus de 15 h. 30. Nous étions là, à déambuler depuis 10 h. 30. J’ai vécu le calvaire durant cette journée et ce n’était pas encore le bout du tunnel. Lorsqu’on me remit les extraits d’acte de naissance, il en manquait un car j’avais demandé deux exemplaires en langue française. Il fallait réclamer et attendre encore. On me répondit qu’on ne pouvait délivrer qu’un seul exemplaire. Je dus encore aller voir le directeur de l’Etat-Civil pour qu’on puisse m’établir un deuxième exemplaire qui m’était nécessaire pour la composition d’un dossier administratif à l’étranger. A notre entrevue, le directeur descendit avec moi au service de l’Etat-Civil et lequel je remercie pour son déplacement. J’ai encore attendu un quart d’heure supplémentaire pour pouvoir enfin obtenir l’objet de ma demande. N’est-ce pas le parcours du combattant pour obtenir un extrait d’acte de naissance ? N’est-ce pas une péripétie digne des tribulations d’un chinois en Chine, ou plutôt d’un Algérien en Algérie ? Nous sommes la République la plus paperassière du monde et nous nous en vantons chaque jour que Dieu fait. Nous consommons du papier plus que ne consomment les Etats-Unis avec leurs 400.000.000 d’habitants. L’administration algérienne est terroriste. Le peuple subit outrancièrement ses méfaits et si nous enregistrons un taux élevé de diabétiques, des hypertendus, c’est bien, en majeure partie, à cause de cette administration rétrograde rongée par la corruption et par les passe-droits. Jusqu’à quand allons-nous subir les marasmes des ces terroristes administratifs ? Jusqu’à quand les tenants du pouvoir vont-ils laisser faire ? Pourquoi ne veulent-ils pas alléger les souffrances de ce peuple pris en otage ? J’ai parlé d’une seule mairie, mais c’est peut-être pire dans toutes les autres contrées du pays. Jusqu’à quand cela va durer. Attention à l’implosion sociale ? Cet état de fait n’est pas unique en son genre, allez voir du côté des CNR et des CNAS des bureaux de postes (PTT) où les gens d’un certain âge subissent le calvaire et sont dénigrés et rabroués comme des va-nu-pieds. De grâce faites quelque chose pour atténuer le calvaire de cette populace que vous avez pris effectivement en otage !

 

Mohamed Boudia - Ecrivain et journaliste indépendant -  Chlef


 
    
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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 07:27

Introduction aux sourates du Coran

 

Sourate Al-Fâtihah

samedi 4 novembre 2000 

Nom

Cette sourate est nommée "Al-Fâtihah" (i.e. "La Liminaire") de par son contenu. "Fâtihah" désigne le début d’un sujet, d’un livre ou de toute autre chose. En d’autres termes, sourate Al-Fâtihah s’apparente à une préface.

Versets

Cette sourate comporte 7 versets.

Période de révélation

C’est une des premières révélations au Saint Prophète. En réalité, nous apprenons par les Traditions authentiques qu’il s’agit de la première sourate complète révélée à Mohammad — paix et bénédictions sur lui. Précédemment, seuls quelques versets divers avaient été révélés, à savoir des parties des sourates Al-`Alaq, Al-Muzzamil, Al-Muddaththir, etc.

Thème

Cette sourate est en fait une prière qu’Allâh a enseignée à tous ceux qui souhaitent étudier Son Livre. La sourate a été placée au commencement du Livre pour apprendre au lecteur que celui qui souhaite sincèrement tirer profit du Coran doit offrir cette prière au Seigneur de l’univers.

Cette sourate est destinée à créer dans le cœur du lecteur un profond désir qui l’incitera à rechercher la guidance du Seigneur de l’univers, qui Seul peut l’accorder. Sourate Al-Fâtihah enseigne indirectement à l’homme que les meilleures choses pour lui sont de prier Dieu afin d’être guidé vers le droit chemin, d’étudier le Coran tel un chercheur de vérité et de reconnaître que le Seigneur de l’univers est la source de toute connaissance. Il convient donc de commencer l’étude du Coran par une prière pour sa propre guidance.

De ce fait, il apparaît clairement que cette sourate n’est pas seulement l’introduction d’un livre : c’est une prière et le Coran est sa réponse. Sourate Al-Fâtihah est la prière du serviteur et le Coran est la réponse du Maître à sa prière. Le serviteur prie Allâh de le guider et le Maître lui confie la totalité du Coran pour réponse à sa prière, comme pour dire : "Voici la guidance que tu m’as implorée."

P.-S.

Traduit de l’anglais du site de l’association des étudiants musulmans de l’USC.

 

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