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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 22:18

PORTRAIT D’UNE FIGURE ILLUSTRE DU THEATRE NATIONAL : MOHAMED ADAR (TRO)

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Photo1227 En marge de la représentation théâtrale qui s’est déroulée durant deux soirées consécutives au Théâtre National « Mahieddine Bachtarzi » à Alger, nous avons rencontré Monsieur Adar Mohamed, figure illustre du Théâtre National Algérien, résidant à Oran et qui était venu avec la troupe de Chlef « Les amis de l’art » pour la pièce « Collier de perles » de M’hamed Benguettaf, réadaptée par Monsieur Missoum Laroussi. Nous nous sommes rapprochés de ce talentueux acteur de théâtre dont on ne tarit pas d’éloges pour l’interviewer et lui faire un portrait car il le mérite bien vu sa vie artistique et théâtrale de longue durée. L’homme est d’une simplicité exemplaire. Sa modestie n’a d’égale que sa valeur sur les planches du TNA depuis plus de cinquante ans. Nous laisserons notre ami nous raconter son cursus théâtral au fil des années : Je m’appelle Mohamed Adar. Je suis né en 1941. J’ai fait l’institut de la commune d’Oran de 1961 à 1964 : Marionnettes et théâtre. Une école d’art dramatique venait d’être ouverte à Bordj-El Kiffan par feu Mohamed Boudia. J’ai passé un concours que j’ai réussi et je suis parti en stage accéléré puis j’ai passé un autre stage accéléré deux mois en France et je suis revenu au TNA comme comédien stagiaire. J’ai réintégré l’école de Sidi Fredj, l’école d’Art dramatique de Bordj El Kiffan actuellement et je tenais des petits rôles au niveau du TNA. On faisait de la figuration jusqu’à la décentralisation décidée dans les années 68, Monsieur feu Ould Abderrahmane Kaki fut désigné à la tête du TRO et il me prit avec lui et j’ai joué dans toutes les représentations de feu Ould Abderrahmane Kaki. J’ai joué aussi dans presque toutes les pièces de feu Abdelkader Alloula. Dans le temps, Abdelkader Alloula avait adaptée une pièce de « Cervantès » ainsi que « El Aâlague » dans lesquelles j’ai joué des rôles principaux. J’ai joué dans « koul ouahed ou houkmou » et c’est la première fois que j’ai eu un grand rôle dans cette pièce de Ould Abderrahmane Kaki dans laquelle ont joué les plus grands du théâtre national. « El khobza » rôle principal – théâtre fermé pour réparation je suis revenu à Alger, j’ai joué dans la pièce « Katelet el ouahch » de Bensalem adaptée par Allal El Mouhib dans laquelle j’ai joué aussi les premiers rôles. Ainsi que dans « cercle de craie » adaptée par Elhadj Omar avec laquelle nous avons fait tout le Moyen-Orient puis nous avons joué « L’homme aux sandales de caoutchouc » de Kateb Yacine, adaptée par Mustapha Kateb, c’était un honneur incommensurable pour moi car tous les grands acteurs du cinéma algérien et du théâtre y étaient présents, tels, M’hamed Benguettaf, Sid Ali Kouiret, Allal El Mouhib, Sid-Ahmed Agoumi. Avant cela, nous avions joué « Monnaie d’or » Nous l’avions joué dans toute l’Algérie. Nous l’avons aussi jouée en Tunisie dans une tournée pendant plus de trois mois. Après cela, j’avais écrit une pièce de théâtre « les cerveaux ». Lors de la réouverture du Théâtre Régional d’Oran, feu Mustapha Kateb avait demandé à Nourredine Boukhatem d’adapter ma pièce, « les cerveaux », qui a reçu une très belle critique. La télévision l’avait filmée mais ne l’avait jamais fait passer sur le petit écran, je ne sais pas pourquoi. J’ai aussi écrit « Bir el mesmoum » adaptée par le TRO avec une tournée dans toute l’Algérie, puis c’est l’écriture de « el bayadik » (pions) qui a reçu l’approbation du public et a été jouée sur tout le territoire national. C’est une pièce prémonitoire concernant le multipartisme représentant les candidatures aux présidentielles. « El Moukhadhram » est une pièce qui relate la vie de quelqu’un qui a vécu dans un Etat autocratique et dans un Etat démocratique, c’est une autocritique de la situation politique en Algérie. C’est une pièce plus ou moins psychologique qui fait état du dédoublement de la personnalité dont a parlé Sigmund Freud. Par la suite, j’ai écrit en collaboration avec un ami Belabbès Lakhdar, une pièce intitulée « Mimoun Ezzaouali » ainsi que la pièce « Le Général » du temps du Président Chadli Bendjedid. C’était plus ou moins le temps de la transparence qui planait sur le monde les années 88. Nous avions dans l’idée que, peut-être, un général allait faire un coup d’état à Chadli. C’était une pièce qui a été écrite sciemment pour supporter le Président Chadli dans les moments difficiles de la fin des années quatre-vingts. Dans cette pièce, il y avait seulement deux personnages, donc deux acteurs tout au long de la représentation. D’ailleurs, nous l’avions joué au Maroc et à la fin de la représentation, le public est resté debout pendant plus d’un quart d’heure à nous acclamer. J’ai écrit beaucoup d’autres scénarios et certains sont même passés sur le petit écran tel « El Smasri ». Toutes les pièces j’ai écrites ont été jouées dans les différents théâtres régionaux. Lorsque je suis sorti en retraite, j’ai créé une association « Masrah El Madina » et j’ai adaptée une pièce d’Azzeddine Mihoubi avec trente acteurs. « Hamma El Fayak » qu’on a joué dans les universités puis « Hamma el Cordonni » Ces pièces ont été jouées plus de 150 fois. J’ai fait la réadaptation de la pièce de « Hamma El Cordonni » et on l’a joué en Arabie Saoudite. En tant que président de « Masrah El Madina » d’Oran, j’ai même travaillé avec Masrah Guelma, puis j’ai joué avec Masrah Mascara, puis je fus appelé par les « amis de l’art » sous la président de Monsieur Laroussi Missoum pour jouer dans la pièce de M’hamed Benguettaf, « Le collier de perles » réadaptée par Missoum Laroussi que nous venons de jouer à Tlemcen et au TNA à Alger, avec des acteurs de Chlef, d’Oran, d’Alger et de Mascara. Avec un groupe d’amis, nous avons créé une coopérative qu’on a nommée « Bood Wose » qui ne fera que des films cinématographiques. C’est pour cela que je vous ai parlé d’un scénario concernant la révolution algérienne et si vous en avez un on pourrait l’adapter et en faire un film. Mais ce scenario doit sortir des chemins battus où on ne voit que des attentas, des bombes et bombardements. J’ai ramené un scénario d’Azzedine Madani, écrivain tunisien, qui a été réadapté par Marir et Samir du théâtre régional d’Annaba. J’en ai fait une nouvelle réadaptation et je l’ai appelée « Yamina » nous en avons fait plus de cinquante représentations durant le mois de ramadhan. J’ai voulu l’algérianiser en tout et pour tout. A la question de : Est-ce que vous connaissez feu M’hamed Djellid ? Il nous a été répondu : Bien sûr ! Je le connaissais surtout de prime abord comme un homme de culture qui enseignait à l’Université d’Oran. C’était un homme de lettres, c’était l’ami d’Abdelkader Alloula. Ce dernier lui demandait des conseils sur toutes les pièces qu’il voulait adapter. Mais il avait surtout une tendance politique qui lui accaparait tout son temps. Je l’ai bien connu à Oran. On était presque tout le temps ensemble. Je l’ai connu et très bien connu. C’était un homme engagé et il était toujours présent lorsque des travailleurs avaient besoin de lui. C’était un grand militant. Djellid, c’était une école. Il délaissait même sa famille pour son militantisme. Il était infatigable. Il ne s’arrêtait jamais de défendre les causes justes. Mohamed Boudia

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